Aujourd’hui, à la frontière franco-suisse, le plus puissant accélérateur de particules au monde sera mis en service. Résultat de 30 ans de recherche. Grâce à cette machine, les physiciens vont pouvoir remonter le temps et recréer les conditions initiales de l'Univers. Le plus surprenant quand on visite l'accélérateur, ce sont ses dimensions. C'est un anneau de 27 km de circonférence, à peu près la taille du périphérique parisien. Il est enfoui 100 mètres sous terre, sous les Alpes. C'est dans ce tunnel qu'on va faire circuler en sens inverse 2 faisceaux de particules. En 4 points, on a mis des détecteurs (ils ont parfois la taille d'une cathédrale) pour observer ce qui se passe au moment de la collision des particules. A la manière des constructeurs automobiles, intéressés par le résultat d'un crash test, les physiciens veulent observer ce qui se passe quand des particules se tamponnent. Ces particules, ce sont des protons. Pour ceux qui en sont restés à l'atome, petit rappel : Dans un atome, il y a un noyau et des électrons, et dans le noyau, il y a des protons. Sylvain Weisz est chercheur au CERN. Il donne une idée de la taille de ces protons (interview). Il faudra plusieurs mois à l'accélérateur pour atteindre son énergie maximale. Une énergie qu'on ne trouve pas sur terre naturellement, plus importante que celle des réacteurs nucléaires, du Soleil, ou de la bombe atomique. L'idée est de reproduire, lors des collisions, ce qui se passait quelques instants après le Big bang. Alors, pourraient émerger des particules encore plus exotiques que celles qu'on connaît déjà. Marc Lachièze Rey est cosmologiste au CNRS (interview). Parmi les énigmes que les physiciens soumettront au LHC, il y a la matière noire et la supersymétrie. La matière noire, vous en avez peut-être entendu parler... Rassurez-vous, les physiciens n'en ont qu'une vague idée. Voici les indices dont ils disposent à ce jour : la matière noire est non lumineuse, on ne peut pas la détecter directement - d'où son nom - mais on sait qu'elle compose 96% de l'univers. Ce n'est pas rien. Comment le LHC va-t-il aider les physiciens à résoudre le mystère ? Question posée à Pierre Binétruy, physicien à l'université Paris 7 (interview). Et puis, il y a le fameux Boson de Higgs, une particule spéciale, une particule vedette, imaginée mais jamais rencontrée. Les physiciens veulent absolument découvrir le Boson de Higgs, car grâce à lui, ils comprendront pourquoi certaines particules sont légères quand d'autres sont lourdes. Démarrage du LHC, à 9 heures ce matin, avec l'injection des toutes premières particules dans l'anneau de l'accélérateur. Un reportage de Sophie Bécherel, à Genève.

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