Ce matin, les résultats des élections législatives italiennes sont encore incertains. Mais ce que l’on sait déjà c’est que la coalition de gauche de Romano Prodi, l’ancien président de la Commission européenne, a obtenu la majorité des suffrages à la Chambre des députés, devançant de très peu la coalition de droite menée par Silvio Berlusconi. Au Sénat en revanche, aucune des deux coalitions n’est pour l’instant gagnante. Silvio Berlusconi conteste la victoire revendiquée par son adversaire Romano Prodi. Il exige une vérification du décompte des voix. Ces élections c'était aussi un référendum pour ou contre Silvio Berlusconi. Visiblement il ne fait pas l'objet d'un rejet massif. On le disait grossier, provocateur, il en faisait trop, ses dérapages, ses prestations télévisuelles incessantes, ce culte de la personnalité, ces 4x3 où il se proclamait Jésus Christ, ses déclarations à l’emporte pièce « Churchill a sauvé les anglais du nazisme, Silvio sauvera les italiens du communisme ». Cette fois c’était trop, Berlusconi, toutes les enquêtes sur les mouvements d’opinion le prétendait, avait atteint le seuil de saturation : overdose berlusconienne. Les premières estimations hier après-midi évoquaient une large victoire de la gauche, même le sénateur Forza Italia Paolo Guzzanti détenait ces indications, et dans le parti berlusconien, on se serrait les coudes autour du chef déchu. Interview de PAOLO GUZZANTI. Et puis au fil des heures, finalement, la victoire est moins nette et la tendance s’inverse presque au Sénat. Forza Italia devient même le premier parti du pays si l’on regarde les résultats par formation politique et non par coalition. Les quelques militants retrouvent le sourire et les députés berlusconiens acceptent plus volontiers le jeu des interviews. De ce scrutin redevenu serré, du fait du vote des indécis, le politologue éditorialiste Paolo Carinberti désigne un seul vainqueur. Interview de PAOLO GARINBERTI. Bref, Silvio Berlusconi a encore utilisé son arsenal de marketing politique pour limiter les dégâts et préserver son empire. Berlusconi, le sympatico toujours souriant à parler calcio à la télé, à promettre moins de taxe dans un pays où les impôts frappent surtout les populations les plus défavorisés, les précaires, les ouvriers, cœur de cible de l’électorat de Silvio Berlusconi. Le cavaliere a diabolisé Prodi, l’initiateur de l’Euro en Italie, cette monnaie qui, associée à la mondialisation, serait responsable des mauvais résultats économiques du gouvernement, l’Euro qui affecte le porte monnaie de cette classe sociale au faible niveau d'instruction et qui ne comprenait pas le programme technique et centriste de Romano Prodi. Le matraquage télévisuel de Berlusconi qui n’a jamais respecté les temps de parole, 30% de plus que Prodi. Il s’est posé en martyr d’un système qui voulait l’empêcher de réussir (même les patrons étaient contre lui), mais pas les petites PME du nord ravies de voir certaines lois assouplies pour favoriser une gestion de compte moins rigoureuse et susceptible de provoquer des enrichissements personnels. Les femmes, les PME et les plus pauvres, Berlusconi a su aussi convaincre les indécis. Bref, on pensait que la parenthèse berlusconienne serait un souvenir éphémère dans l’histoire italienne. Tout le monde s’est trompé. Il est toujours là. Vittorio Zucconi, sociologue et journaliste n’est pas à court de métaphore. Interview de VITTORIO ZUCCONI. Un dossier d'Eric Valmir en direct de Rome en Italie.

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