des communes entrent en résistance contre les rythmes scolaires
des communes entrent en résistance contre les rythmes scolaires © reuters

Les "Journées de l'évaluation" se déroulent jeudi et vendredi à Paris. Des experts, des professeurs présenteront de nouveaux modes d'évaluation. Considérée comme stigmatisante, la note chiffrée est de plus en plus critiquée.

De plus en plus d'établissements mettent donc en place des systèmes sans notes. Exemple au collège François Truffaut à Charly-sur-Marne (Aisne). Quatre classes entre la 6ème et la 4ème n'ont aucune note. Les élèves sont évalués avec des ceintures de couleur, comme au judo ! Cela va du jaune, jusqu'au noir (1ère et 2ème dan), en passant par le vert, le bleu... Chaque couleur correspondant à un palier d'apprentissage et à une lettre, quatre au total : N pour "non acquis", D pour "début d'acquisition", E pour "en cours d'acquisition" et A pour "acquis".

► ► ► COMPARER | Les différents sytèmes de notation dans les pays de l'OCDE (rapport du Conseil national de l'évaluation du système scolaire)

L'élève est ainsi évalué par compétence. Marc Berthou, professeur d'histoire-géo et co-auteur du livre "Des ceintures pour évaluer les compétences des élèves", brandit la copie d'un de ses élèves :

Cet élève, par exemple, a eu "Acquis" pour la compétence "Savoir restituer", cela veut dire qu'il a bien appris sa leçon. Mais il est resté à la ceinture verte pour "Savoir raconter et expliquer" car il a oublié une petite chose, il obtient donc "Début d'acquisition". Et pour "Soin, orthographe et syntaxe", il a fait attention, il m'a rendu une copie soignée, j'ai donc noté "Acquis".

Tout ce que sait faire l'élève n'est pas noyé dans une seule note. "C'est un système beaucoup plus encourageant", résume Marc Berthou :

Le système d'évaluation de compétences sans notes permet de ne pas garder les erreurs, et de garder au contraire tout ce qui est positif. On ne se traîne pas de casseroles.

Et les collégiens sont quasiment tous conquis, à l'image de Nolwenn et Elora qui avouent avoir "moins de stress et moins de pression".

Le corps enseignant partagé sur la question

Dans ce collège, la moitié des professeurs ne donnent plus de notes. Les autres continuent à en mettre, souvent par habitude, y compris les plus jeunes. Blandine David enseigne l'espagnol depuis trois ans et n'a pas encore franchi le pas :

J'ai peur de mal faire, de ne pas mettre en place ce système correctement. Là où ça pêche beaucoup, c'est au niveau des formations : on nous apprend à faire un barême, à mettre des notes... On nous parle pas du tout de "compétences".

La décision d'un nouveau mode d'évaluation doit en tout cas se prendre avec tous les enseignants, insiste André Antibi, spécialiste de la question, qui a identifié deux dangers dans ce système :

Le premier risque, c'est que cela aboutisse à trop de laxisme : mettre une bonne note à un élève qui ne la mérite pas, c'est lui rendre un mauvais service. Et l'autre risque, c'est de proposer aux enseignants des manières d'évaluer trop complexes. Il faut leur proposer des mesures simples, concrètes et faciles à mettre en place.

Dans la foulée des recommandations de la Conférence sur l'évaluation, la ministre de l'Éducation nationale devrait faire des propositions en janvier.

Faut-il supprimer les notes à l'école ?
Faut-il supprimer les notes à l'école ? © Radio France
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.