L’Iran célèbre le 30ème anniversaire de la chute du Shah. Le 11 février 1979, l’ayatollah Khomeiny proclamait la victoire de la révolution islamique. Trente ans plus tard, la République islamique est toujours là, les enfants de cette révolution ont grandi, et en Iran aujourd’hui, c’est un peu le choc des générations. Le régime islamique iranien a créé une nouvelle bureaucratie, une nouvelle bourgeoisie, et ces révolutionnaires de 1979 ont pris quelques cheveux blancs. Dans le bazar de Téhéran, les commerçants ont été les premiers bénéficiaires de la révolution. L’un d’entre eux s’appelle Ali Mohseni, il est grossiste en cuir (interview). Et puis au fur à mesure, Khomeiny a imposé un régime islamique de fer. La propagande a fonctionné à plein, et aujourd’hui, les jeunes qui ne l’ont pas connu de son vivant sont éduqués conformément à ses préceptes rigoristes. Il y a une sorte de mobilisation idéologique et réligieuse permanente de la jeunesse. Farideh, une lycéenne de 16 ans, était hier au mausolée de Khomeiny, voilée de noire, venue se recueillir devant la tombe de l’ayatollah et elle a bien appris la leçon du régime (interview). Il y aussi un autre Iran, celui des banlieues aisées du nord de Téhéran. Le contraste est saisissant, c’est l’Iran qui vit à l’heure occidentale. Les femmes portent bien sûr le voile, mais crânement jeté à l’arrière de la tête, elles sont maquillées. Ici, on roule en 4x4, on organise des soirées privées arrosées de champagne et de whyskie. Shérin est hôtesse de l’air. Avec son téléphone portable dernier cri et ses lunettes de soleil de grande marque, elle symbolise cette jeunesse dorée, individualiste, qui boude régulièrement les urnes (interview). Pas de politique que du plaisir. C’est le mot d’ordre de cette jeunesse occidentalisée qui vit à mille lieues de l’univers de la révolution islamique. Un régime où les jeunes s’ennuient en dehors de chez eux et où les distractions sont bien rares, comme l’explique Azadeh Fajr, artiste peintre (interview). C’était un reportage de Christian Chesnot et Jean-Marie Porcher, en direct de Téhéran, la capitale iranienne.

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