L'Iran célèbre aujourd'hui le 31ème anniversaire de la révolution islamique. L'heure n'est pas à la fête. Depuis la réélection controversée d'Ahmadinejad en juin dernier, le pays est en crise. Le bras de fer continue entre le régime et l'opposition, et dans les rues de Téhéran aujourd'hui, il pourrait être violent. Journée à haut risque pour les deux camps qui vont mobiliser leurs partisans. Traditionnellement, les cérémonies du 11 février servent à légitimer le pouvoir. Mais, cette année, la République islamique offre le visage de la division. Un signe de la crispation du pouvoir ne trompe pas : les médias étrangers n'ont pas été autorisés à couvrir les défilés. L'ambiance est très tendue dans la capitale iranienne, explique Azadeh, professeure à l'Université de Téhéran, jointe hier soir par téléphone (interview). L'Achoura, c'est la grande fête religieuse chiite et en décembre dernier, elle a tourné au bain de sang avec au moins 8 manifestants tués et des centaines de blessés. Dans ces affrontements, les femmes sont en première ligne, elles sont toujours en tête des cortèges. Pour elles, ce qui se joue dans les manifestations, ce sont aussi leurs droits, analyse Mernouche Solouki, documentariste, qui a connu la rigueur des geôles du régime (interview). Face à la répression, la contestation peut-elle durer ? Ne va-t-elle pas s'essouffler ? C'est le pari du régime qui, par l'intimidation, les arrestations voire les exécutions, veut casser les reins de la contestation. L'objectif sera-t-il atteint ? François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran, a quelques doutes, même si la chute du régime n'est pas pour demain (interview). Dans ces conditions, quelle peut-être l'issue de ce bras de fer entre le régime et l'opposition ? Difficile à dire. Ce qui est sûr, c'est que l'opposition ne va pas baisser les bras. La grande inconnue, c'est le régime lui-même. Personne ne sait qui tient réellement les rênes du pouvoir à Téhéran et à ce stade de la crise, l'ancien président Banisadr ne voit plus que deux options possibles (interview). _____Un reportage signé Christian Chesnot.

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