Moustapha, Raphëlle, Clémentine, Kevin et les autres...
Moustapha, Raphëlle, Clémentine, Kevin et les autres... © Uniscité

Quel avenir pour le service civique ? Sera-t-il reboosté ? Ou risque-t-il d'être dénaturé ? Un an jour pour jour après la grande manifestation du 11 janvier 2015, François Hollande présente ce lundi ses vœux à la jeunesse (à la Maison de la radio). Des vœux qui vont comporter un volet "citoyenneté" important, après les attentats du 13 novembre.

Se pose notamment la question de la généralisation du service civique . Nous avons rencontré des jeunes récemment engagés, dans une mission d'accompagnement des réfugiés sur le sol français, avec l'association Unis-Cité dans le XIXe arrondissement de Paris.

Lorsque ils ne sont pas en train d'accompagner les demandeurs d'asile dans la capitale, Moustapha, Raphëlle, Clémentine et Kevin organisent des activités ludiques, pour changer les idées de Syriens ou d'Afghans déboussolés. En quelques semaine l'ambiance du centre a été transformée, et peut-être aussi un peu la vie de ces jeunes engagés.

Trop de demandes, pas assez de missions

70.000 jeunes ont bénéficié d'un service civique sur la dernière année écoulée, et donc d'une indemnité de 573 euros par mois. On est un peu en deça des prévisions. Malgré la volonté de rendre le service civique accessible à tous, comme cela a été annoncé au printemps dernier (en réponse aux attentats de janvier 2015), on a aujourd'hui quatre fois plus de demandes que d'offres de missions. Dommage en particulier pour les jeunes qui en ont le plus besoin, pour le sociologue Chafik Hbila, spécialiste des politiques jeunesses.

Ça va permettre au jeune de lutter contre l'autocensure et d'envisager ce qu'il ne pouvait envisager avant., ça va lui donner de nouvelles idées. On peut regretter que ça ne touche pas davantage les jeunes les plus en difficulté , les jeunes des quartiers prioritaires de la politique de la Ville, qui se heurtent à un déficit de réseau professionnel pour construire leur parcours, à l'échec scolaire...Il y a une véritable urgence.

Les défenseurs du dispositif aimeraient qu'on débloque les fonds pour toucher 400 000 jeunesd'ici 2017 , soit la moitié d'une classe d'âge. Mais en parallèle des voix s'élèvent pour proposer un service obligatoire. Chacun y va de son idée : une journée, un été citoyen, une semaine nationale.

"Ne cassons pas ce qui a été construit", martèle Nadia Bellaoui, la présidente du Mouvement Associatif, qui fédère une bonne partie des organisations pourvoyeuses de missions.

Il y a un risque à vouloir tous les trimestres transformer un peu le service civique. Le caractère volontaire pour nous est absolument essentiel. Quand on parle de service national obligatoire, on ne parle pas d'engagement volontaire qui permet aussi aux jeunes de fabriquer sa mission, d'y mettre un peu de lui-même... Là, on pense plutôt à "mettre au pas" une catégorie de jeunes dont on pense qu'elle est "moins civique".

Le président de la République dira lundi soir quelle formule, quel avenir il envisage pour ce dispositif sur lequel repose aujourd'hui beaucoup d'attentes... Peut-être même un peu trop.

L'équipe

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