Zoom, ce matin, sur les urgences débordées, en ce début de vacances. L’an dernier, 21 millions de patients sont passés par les services d’urgence, en France, soit 700 000 de plus qu’en 2015 (selon un rapport du ministère de la Santé).

Les urgences de Toulouse surchargées
Les urgences de Toulouse surchargées © AFP / REMY GABALDA

La première cause des urgences surchargées réside dans le fait que de nombreux patients s'y rendent sans en avoir besoin.

A Toulouse, 28% des patients des services pourraient ne pas s'y rendre et trouver une autre solution. Les patients  admettent eux-mêmes qu’ils auraient pu choisir une autre solution que les urgences du CHU de Toulouse. Par exemple pour un mal de tête ou un petit accident qui pourrait être traité par leur médecin traitant. 

Le nombre d’appels au SAMU, lui, a doublé en dix ans. Et l'appel au 15 est très rarement justifié. 

Philippe Frontin est adjoint au chef de service du Samu.

Sur 1000 dossiers par jour, seulement entre 20 et 30 nécessitent la venue d'une équipe du SAMU avec médecin et infirmière 

L'été s'annonce particulièrement chaud aux urgences de Toulouse au moins pour deux raisons : 

- Toute l’année, la situation est tendue. Avec une population qui augmente environ de 15 000 personnes tous les ans dans l’agglomération, les services de soins ont du mal à suivre. 

- Certains services hospitaliers réduisent leurs activités. Sandrine Charpentier est chef du service des urgences du CHU de Toulouse  

Les médecins généralistes prennent légitimement des congés, certains services ferment des lits, des cliniques privées aussi.

Le problème est aussi que les médecins généralistes en ville sont également débordés. 

Christian Méquignon est un médecin généraliste dans le quartier populaire de Papus. Contraint, il continue, par exemple, à faire de la petite chirurgie comme des points de suture :

Pour sortir la tête de l’eau, le CHU discute avec le Conseil de l’Ordre pour accueillir dans la journée des généralistes au Samu, quand vous appelez le 15. Le docteur Philippe Frontin est adjoint au directeur du Samu :

Il faudrait qu'un médecin généraliste de ville fasse la régulation des permanences de soins, dans la journée pour qu'on puisse se recentrer sur les appels les plus graves.

Dernière solution à Toulouse comme ailleurs, des maisons médicales sont tenues par les généralistes la nuit, les  jours fériés et weekends. Il y en a trois et selon certains généralistes, dans une aire urbaine d’un million d’habitants il en faudrait deux fois plus ! 

► CONSULTER | Rapport de Thomas Mesnier pour le ministère de la Santé "Assurer le premier accès aux soins"

(mai 2018) 

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