Thomas Luiggi, père de Paola
Thomas Luiggi, père de Paola © Radio France / Benjamin Illy

Paola n'a pas revu son père depuis un an, Adrian, Sofia et Alexi ne donnent plus de nouvelles à leur mère depuis 910 jours. Tous ont en commun d'avoir été enlevé par leur autre parent, parti à l'étranger sans laisser d'adresse. Et ils sont loin d'être seuls...

Souvenez-vous, c'était le mois dernier sur France Inter : Thomas Luiggi, père de Paola, une petite fille de 5 ans, racontait qu'il ne l'a pas vue depuis bientôt un an. Sa mère, chinoise, est partie avec elle à Pékin. Thomas Luiggi n'a depuis aucun contact avec Paola. On parle alors "d'enlèvement international d'enfant".

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Ces enlèvements se multiplient à cause de la mondialisation qui accroit le nombre de couples bi-nationaux, et donc de séparations. Le Quai d'Orsay gère actuellement 400 dossiers de déplacements illicites d'enfants, soit environ 600 enfants concernés. Le détail des nationalités est gardé secret, pour "raison diplomatique".

Pour Paola, la fille de Thomas Luiggi, une audience avec une juge chinoise s'est tenue à Pékin, le 13 mai. Le père en est revenu, plus dépité que jamais, et relance son appel à l'aide.

Maude Versini se bat pour retrouver ses trois enfants
Maude Versini se bat pour retrouver ses trois enfants © Radio France / Benjamin Illy

Un appel qui résonne avec celui de Maude Versini. Un cas emblématique, très médiatique, depuis qu'elle a interpellé François Hollande durant sa visite d'État au Mexique, en avril. Elle n'a pas vu ses jumeaux Adrian et Sofia, 10 ans, et Alexi 8 ans depuis 910 jours. Ils ont été enlevés par leur père, Arturo Montiel, ex-gouverneur de l'État de Mexico, oncle de l'actuel président. La seule solution, pour Maude Versini : faire de cette affaire familiale une affaire politique.

Des règles internationales insuffisantes

Et pourtant, le Mexique a signé la convention de la Haye de 1980, sur les enlèvements internationaux d'enfants. Cette convention prévoit un retour immédiat de l'enfant dans son lieu de résidence "habituel" en cas d'enlèvement. Mais le texte est bafoué dans l'affaire Maude Versini. Situation semblable au Japon, où pourtant la convention est entrée en vigueur le 1er avril. On y signale une vingtaine de cas selon l'association SOS Papa, présidée par Jacques Colleau. Lui-même n'a pas vu sa fille, Marie-Anne, depuis 11 ans.

Quand la convention de la Haye ne suffit pas, il reste la "médiation familiale internationale". Une procedure dont l'objectif est de renouer le dialogue entre les deux parents pour trouver un accord. En France, un service dédié est rattaché au ministère de la Justice.

En France, en 2013, le Bureau de l'entraide civile internationale a traité 212 dossiers d'enlèvements. Il y a eu 18 médiations engagées, mais seulement sept d'entre elles ont conduit au retour d'un enfant.

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