Amphi de l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Amphi de l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne © CC Camille Stromboni

Où en est-on de l'accueil des étudiants migrants dans les universités et grandes écoles ? Une réunion se tenait mardi au ministère de l'Enseignement supérieur pour faire le point sur les initiatives et les difficultés rencontrées.

Les dispositifs fonctionnent-ils correctement ? En tout cas il y a une réelle volonté de permettre à ces jeunes de poursuivre leur cursus. Des écoles ou des universités, principalement à Paris, organisent des cours de français pour qu'ils aient un niveau suffisant pour accéder à des cours de l'enseignement supérieur.

L'École Normale Supérieure d'Ulm a commencé dès septembre dernier, avec 40 étudiants migrants. Avec déjà des résultats, comme l'explique Laetitia Basselier, étudiante à l'ENS et membre du Résome, le réseau d'études supérieures et d'orientation pour les migrants et les exilés. Un collectif qui regroupe enseignants, étudiants et associations.

D'ici l'an prochain, entre un quart et un tiers pourront reprendre des études. Il y a des inscriptions en première année de licence à la fac, d'autres qui vont passer le concours d'aide-soignante, des reprises de masters en droit ou de doctorat, des études de lettres, de traduction... Ça va se poursuivre pour de nombreuses personnes avec une deuxième année de cours de langue.

Garder le RSA ou parier sur l'avenir

Parmi ces étudiants, Safi vient d'Afghanistan. Il a étudié le droit à l'université de Kaboul, où il a obtenu une licence. Il voudrait s'inscrire à la Sorbonne.

J'ai commencé à apprendre le français, mais j'ai un problème de logement. J'habite très loin de Paris, il faut deux heures pour venir....

Les problèmes de logement, les problèmes administratifs... Les associations font face à toutes sortes d'obstacles. Car les étudiants migrants ne sont pas seulement accueillis pour des cours de français, ils sont aussi épaulés dans leurs démarches. Liora Israël enseigne à l'EHESS, l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales, où un programme d'accueil des étudiants exilés a également été monté depuis février pour une quinzaine de personnes : des Syriens, des Soudanais, des Erythréens.

La principale difficulté selon elle, ce sont les statuts : entre demandeur d'asile ou réfugié et étudiant, il faut choisir.

On a des gens qui sont là, qui sont bénéficiaires du RSA. Or en France lorsqu'on s'inscrit dans un parcours d'étude, on perd le RSA. Donc ils doivent choisir entre reprendre leurs études, se professionnaliser, faire le pari de l'intégration et perdre la petite somme pour vivre dont ils disposent, soient ils renoncent à leurs études pour garder cette somme qui ne permet pas de se projeter dans un avenir.

L'autre difficulté, c'est le niveau de français de ces étudiants pour la plupart anglophones. Pauline Bertolon est en master à l'EHESS, l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales et membre du Résome.

Notre urgence, c'est l'apprentissage du français. Elle conditionne leur entrée dans une université, il faut le niveau dit N2 (bon niveau de français). Or pour certaines formations (scientifiques, informatique, en ingéniérie ou dans des formations artistiques), ce niveau n'est pas tout à fait nécessaire.

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