Novembre 2004 : le quai d'Orsay décide d'évacuer tous les Français qui veulent fuir la Côte d'ivoire après plusieurs jours d'émeutes et d'actes de guerre entre l’armée ivoirienne et française. Près de 10 000 personnes quittent la capitale, Abidjan. C’est la plus grande opération d'évacuation depuis la guerre d'Algérie. Le tribunal de grande instance de Paris lance également ce jour là une procédure extraterritoiriale exceptionnelle, avec des centaines de plaintes déposées. 5 ans après, l'instruction est toujours en cours, une bonne partie des personnes rapatriées sont depuis retournées en Côte d'ivoire. D’autres sont restées en France. Angela vit à Paris comme Jean-Paul. Elle a fini par trouver une place de commerciale dans une société informatique et nous reçoit dans un café du 17ème arrondissement. Lui nous accueille dans son salon de coiffure qu'il a remonté dans le 8ème (interview). Pour eux, tout a basculé dans l'après-midi du 6 novembre après le bombardement de la base française de Bouaké et le début presque simultané des émeutes à Abidjan (interview). Puis c'est l'évacuation pour rejoindre la base militaire française, près de l'aéroport (interview). Jean-Paul et Angela s'envolent le 11 novembre 2004 au matin et n'ont pas remis les pieds en Côte d'ivoire. Pas encore (interview). Jean-Paul et Angela avaient tous les deux porté plainte il y a 5 ans, mais leurs dossiers ont été classés sans suite. Les auteurs de pillages et de viols seront-ils jugés ? 3 plaintes pour viol ou tentative d'agression sexuelle ainsi que 21 plaintes pour des actes de violence et de pillages ont finalement fait l'objet d'une information judiciaire. Dans cette affaire, un ancien leader de la jeunesse étudiante ivoirienne a été arrêté et incarcéré lors d'un passage en France. Il a reconnu des actes de pillage. On ne sait pas s'il sera le seul accusé et quand aura lieu le procès. _____Un reportage d’Emmanuel Leclère.

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