En France, un adolescent sur six est en surpoids ou obèse. L'organisation mondiale de la santé parle de « véritable épidémie ». C’est l'un des principaux enjeux de santé publique des prochaines années. Le Val de Marne est un département pilote pour la prévention de l'obésité des adolescents. La méthode, ce n'est pas stigmatiser les frites-pizzas-mayonnaise. Pas question de suivre un régime à l'adolescence. Dans le Val de Marne, on essaie plutôt de former des consommateurs avertis. A Fresnes, chaque vendredi, de 18 à 20 heures, une dizaine d'ados de 10 à 14 ans, qui souffrent de surpoids, participent à des ateliers baptisés « Bouger plus, manger mieux » (son). Dans l'équipe, il y a aussi un coach sportif, une diététicienne. Dépister les pièges des fast food. Les enfants sont plutôt réceptifs à ce discours. Parmi eux, certains sont parfois moqués voire rejetés dans la cour d'école. Les parents, c'est en habillant les enfants qu'ils prennent conscience du problème. A l'image du papa de Marjorie (interview). ça fait 10 ans que le conseil général du Val de Marne a sonné la mobilisation générale autour de l'assiette. L'outil pour dépister l'obésité, c'est la visite médicale obligatoire en 5ème. A coup de séances de dégustation dans les écoles, de décryptage de pub ou de visites d'entreprises agro alimentaires. 15 à 18 000 collégiens apprennent chaque année à lire les étiquettes. Les petits français sont-ils vraiment plus gros qu'ailleurs ? Ils sont dans la moyenne européenne. En France, depuis 20 ans, la proporition de personnes obèses ne cesse d'augmenter. De 8% en 97, on est passé à un peu plus de 12% dans la population adultes. Alors on cherche toujours le gène de l'obésité. On crie haro sur les calories, la malbouffe, les méfaits du marketing, qui vantent les produits gras et sucrés. Mais il y a peut-être surtout nos modes de vie : manque d'exercice - la télévision dans la chambre - par exemple augmente de 20% le risque d'obésité chez l'enfant. Véronique est la maman de Julien, 13 ans, un ado obèse de stade 2 (interview). Les résultats de cette politique de prévention dans le Val de Marne sont plutôt positifs. 15 à 18 000 élèves bénéficient du programme chaque année. Les cantines proposent 50% de fruits en plus, lorsqu'elles sont sensibilisées. Du coup, surpoids et obésités sont restés stables dans le département, selon les résultats de l'enquête épidémiologique. Le docteur Elisabeth Feur est médecin en santé publique dans le Val de Marne (interview). En France, depuis 2004, la prévention de l'obésité fait partie de la loi de santé publique. Les boissons sucrées et les confiseries sont interdites dans les distributeurs automatiques des écoles. La pub sur les produits gras et sucrés est règlementée. Ces initiatives seront-elles suffisantes ? Selon certains experts, si rien n'est fait pour lutter contre l'obésité des enfants, la France pourrait atteindre le niveau des Etats-Unis en 2020. Un dossier de Delphine Simon.

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Les Ateliers "manger mieux bouger plus" du Val de Marne

Site du programme national de prevention de l'obésité

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