Retour ce matin sur l'affaire Clearstream : un corbeau, des listes truquées de comptes bancaires, des soupçons de manipulation politique. Bref, tous les ingrédients d'une affaire explosive. L'affaire commence en mai 2004. Le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke reçoit un étrange courrier. Un corbeau accuse Alain Gomez, l'ancien patron de Thomson et des responsables aéronautiques de détenir des comptes occultes à l'étranger dans le dossier des frégates de Taïwan, des comptes via la société Cleartream. Une deuxième liste de comptes bancaires et un CD-ROM atterrissent sur le bureau du juge avec, cette fois, le nom d'hommes politiques et notamment celui de Nicolas Sarkozy, transparent derrière deux noms : Stéphane BOCSA et Paul DE NAGY - allusion au nom complet du ministre : Nicolas Paul Stéphane Sarkozy de Nagy-Bocsa. Pour comprendre les ressorts de cette affaire, il faut d'abord expliquer ce qu'est exactement Clearstream. Le journaliste Denis Robert est le premier à avoir enquêté sur cette banque dont le siège est au Luxembourg. Enquête dans deux livres : "Révélations" et "La boite noire" suivi aujourd'hui d'un polar à clé "La domination du monde", une plongée dans un monde opaque. Interview DENIS ROBERT. Après vérification, les accusations du corbeau s'avèrent complètement fausses mais là où l'affaire se complique, c'est que de vrais comptes Clearstream ont été trafiqués par le corbeau. La question, bien sûr, c'est de savoir : qui se cache derrière le corbeau. Depuis deux semaines, les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons perquisitionnent à tout va pour tenter de répondre à cette question. Perquisitions chez le groupe aéronautique EADS, chez Philippe Rondot, l'ancien patron du renseignement à la Défense ou encore à la DGSE. Des noms de corbeaux potentiels circulent, sans preuve. Imad Lahoud, un informaticien surdoué, ou encore Jean-Louis Gergorin, le vice-président d'EADS, cité dans des notes de la DST. Une rumeur infondée pour l'avocat de Jean-Louis Gergorin, Paul-Albert Iweins. Interview PAUL-ALBERT IWEINS. Cette affaire complexe a très vite pris une tournure politique. Jean-Louis Gergorin est un ancien collaborateur aux affaires étrangères de Dominique de Villepin. D'où des soupçons de manipulation politique. En tous cas, Nicolas Sarkozy s'est constitué partie civile. Dans son livre "La tragédie du Président", Franz-Olivier Giesbert raconte la réaction de Dominique de Villepin, alors ministre de l'Intérieur, quand il apprend que le corbeau lâche le nom de Nicolas Sarkozy. Interview FRANZ-OLIVIER GIESBERT. Seule certitude : derrière l'affaire Clearstream se cache une manipulation. Denis Robert a sa petite idée sur l'origine du détournement des comptes bancaires. Interview DENIS ROBERT. Le corbeau aurait donc détourné l'une des listes révélées par Denis Robert. Une affaire qui ne doit cependant pas cacher la réelle affaire Clearstream : celle du fonctionnement de "la banque des banques." Un dossier de Benoît Collombat.

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Le site de Denis Robert

Un site que vous pouvez consulter si vous souhaitez en savoir plus sur "clearstream".

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