Le week-end dernier se déroulait le festival de musique palestinienne de Ramallah. Le PMX propose de faire découvrir aux professionnels du monde entier la musique actuelle palestinienne dans toute sa diversité.

Le festival de musique palestinienne de Ramallah, le PMX, propose de faire découvrir la musique actuelle palestinienne.
Le festival de musique palestinienne de Ramallah, le PMX, propose de faire découvrir la musique actuelle palestinienne. © Radio France / Matthieu Culleron

En Cisjordanie , les obstacles pour monter un festival sont nombreux. Pour des raisons de "sécurité" , les autorités israéliennes peuvent déprogrammer un événement culturel du jour au lendemain. La circulation des artistes dans les territoires palestiniens est devenue quasi impossible par les démarches draconiennes d'autorisation. 

Lors du festival PMX des dizaines de groupes se produisent chaque jour devant un par-terre de promoteurs anglais, américains ou français.
Lors du festival PMX des dizaines de groupes se produisent chaque jour devant un par-terre de promoteurs anglais, américains ou français. © Radio France / Matthieu Culleron

Malgré ces contraintes le festival PMX de Ramallah est parvenu à organiser sa 3e édition. Des dizaines de groupes se produisent chaque jour devant un par-terre de promoteurs anglais, américains ou français. Rani Younis est l'un des fondateurs du festival :

Des deux côtés du murs nous vivons sous l'occupation donc pour nous c'est très dur d'avoir une industrie du cinéma ou de la musique. Il est impossible de signer sur une maison de disque car sinon ils vont te demander de chanter uniquement sur la paix et la coexistence, pas sur tes convictions profondes mais malgré tout ça nous ne nous voyons pas comme des victimes . Tu sais qui est la vraie victime ? Le monde !

Parmi les événements cette année, la présence pour la première fois de trois groupes venus de la bande de Gaza . Parmi ces groupes qui normalement n'ont aucune possibilité de sortir de leur territoire il y a le groupe Sol Band qui a donc pu se produire sur la scène du PMX 2019 à Ramallah.  Farés et son groupe évoquent leurs difficultés à jouer chez eux :

C'est grâce à la musique que nous nous échappons. C'est lorsque nous faisons de la musique que nous nous évadons. Aujourd'hui c'est première fois que nous sortons de Gaza. C'est un événement ! Chez nous, nous avons des problèmes avec le Hamas. Dès qu'ils voient des gens danser trop ou manifester leur joie alors ils arrêtent le concert. La plupart du temps nos concerts sont arrêtés avant la fin. Notre manager a d'ailleurs fait de la prison plusieurs fois.

Les membres du groupe Saaleek sont eux originaires de différentes parties de la Cisjordanie. Ils évoquent dans leur textes leur vie quotidienne dans la zone C. Une zone sous contrôle israélien :

Dans mon quartier, tu ne peux pas te balader avec des écouteurs dans la main car tu peux te faire tuer pour ça. Quand tu grandis dans ce genre de quartier, soit tu veux fuir soit tu veux construire des choses. Nous on essaye de construire, un studio notamment.

En 2017, sur 46 groupes présentés, 18 ont été repérés par des labels étrangers. Un signe fort dans un contexte extrêmement tendu en Cisjordanie.

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