La flambée de l'immobilier. Depuis 1997, les prix ont plus que doublé partout en France, et même si les taux d'intérêt sont encore bas, il devient de plus en plus difficile d'accéder à la propriété. Cette flambée continue depuis 8 ans va-t-elle enfin s'arrêter ? Petite visite dans le nord de Paris, porte de Saint Ouen, dans le 18ème. C'est un quartier populaire, ce qui n'empêche pas les prix d'afficher des sommets (reportage - un deux pièces à 2150.000 euros). Evidemment, à Paris, la situation est paroxystique. Mais les parisiens, justement, fatiguent. A ce prix là, cet appartement ne trouve pas preneur, il est en vente depuis 6 mois et il sera forcément négocié à la baisse. Vu les prix, ça se fait d'ailleurs de plus en plus. Amélie est agent immobilier dans le nord de Paris (interview). Même si les taux d'intérêts sont encore très attractifs, l'effort financier des acheteurs est devenu colossal. Résultat : on réduit les surfaces, on change de commune ou de quartier et surtout on s'endette. Les banques n'ont jamais accordé autant de crédits immobiliers qu'en 2005 et les acheteurs s'endettent parfois jusqu'à 30 ans. C'est le cas de Thomas, 27 ans. Il vient d'acheter un petit deux pièces en région parisienne pour à peu près 150 mille euros. Il s'est endetté sur 29 ans (interview). La question que tout le monde se pose c'est de savoir si cette flambée va bientôt s'arrêter. On évoque régulièrement l'hypothèse d'un krach immobilier, est-ce que c'est réaliste ? Sur la question, il y a autant d'avis que d'économistes. Globalement, tout le monde s'accorde à dire que le marché montre des signes d'essoufflement. Est ce que ça veut dire que la hausse des prix va tout doucement ralentir ou que les prix vont s'effondrer ? C'est toute la question. Pour l'économiste Elie Cohen, il y a une bulle spéculative sur l'immobilier et comme pour celle de l'internet en 2000, cette bulle va forcément éclater dans un avenir proche (interview). Les économistes sont partagés. Michel Mouillard est prof à Nanterre et d'après lui, les prix n'ont aucune raison de s'effondrer (interview). La vérité se trouve sans doute entre ces deux points de vue. Pour la plupart des économistes, le marché a atteint un sommet et devrait se retourner l'an prochain, pour afficher une baisse de 5 à 10%. Evidemment, c'est de la pure prospective, on s'est déjà beaucoup trompé sur l'immobilier. Cela dit, d'après l'indice mensuel de la FNAIM, ce retournement serait déjà en train de se produire : en septembre et octobre, les prix ont en effet très légerement reculé. Un dossier de Véronique Julia, journaliste au service économique de France Inter.

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