Retour ce matin à Villiers le Bel, 15 jours après les émeutes qui ont suivi la mort de deux adolescents percutés par un véhicule de police. Bilan des deux nuits de violences : 130 policiers blessés, une école et une bibilothèque incendiées. Aujourd'hui, le calme est revenu. Des acteurs s'engagent ou se sont engagés pour la ville. A commencer par "Générations", cette radio écoutée, chaque semaine par près d'un demi-million de personnes en Ile-de-France, particulièrement dans les quartiers. La programmation a été une porte d'entrée vers la banlieue et notamment Villiers le Bel. "Générations" : référence sur les cultures urbaines et qui, en 15 ans, a gagné la confiance des cités. Le frère d'une des victimes est ainsi intervenu sur les ondes au lendemain du drame. L'auteur de la vidéo tournée quelques minutes après l'accident a confié le document à cette radio, outil de lien social, aux dires de son directeur, Bruno Laforestrie (interview). Des paroles, mais aussi des actes, grâce à un collectif de Villiers le Bel créé juste après les émeutes : des jeunes adultes qui veulent reconstruire leur quartier. Mourad Boughanda est leur porte parole (interview). Et le collectif va constituer une liste pour les prochaines municipales avec un programme inspiré des doléances des habitants sur le logement, l'éducation et l'emploi. L'emploi justement, souci majeur à Villiers-le-Bel. Avec un taux de chômage de 19%, voire 35% dans certains quartiers. Chômeurs, pour la plupart, peu qualifiés (niveau 3ème, CAP-BEP), un débouché possible : le secteur des services à la personne, en plein essor, avec une société basée à La Courneuve, mais très active dans les quartiers, « Merci Plus ». Sa spécialité : le repassage et le ménage chez les particuliers. Son PDG est Gabriel Pacheco (interview). Exemple suivi récemment, entre autres, par Fedex ou la RATP lors de journées de recrutement, avec des candidats présélectionnés par les missions locales, l'ANPE ou les pôles emploi des maisons de quartier, comme celle des Carreaux. Les Carreaux, classée en zone urbaine sensible, mais restée relativement calme il y a quinze jours. Nathalie est animatrice (interview). Et dans ce quartier visé par un programme de rénovation urbaine, d'autres structures tentent de démocratiser l'accès à la culture. C'est le cas d'ACTA, une compagnie de théâtre qui mène de nombreuses actions, comme cette expo et ce clip video qui a mobilsé 150 habitants, sur le thème du déménagement (extrait). Laure Carles est administratice d'ACTA (interview). Un reportage de Nour-Eddine Zidane.

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