Dominique de Villepin réunit aujourd'hui la deuxième "conférence nationale des finances publiques" - l'occasion de faire le point sur la réforme de l'Etat. C'était un serpent de mer. Depuis quelques années pourtant, la réforme de l’Etat est engagée avec une série d'avancées concrètes. Le ministre délégué au budget Jean-François Copé, qui en est chargé depuis 2005, veut, dit-il, « rendre le meilleur service public au meilleur coût ». Il a commencé par lancer des audits sur les dépenses publiques (interview). Près de 130 audits ont été lancés. Ils sont ensuite publiés sur internet. Autre exemple, celui sur les achats de l'Etat devrait permettre d'économiser un milliard et demi d'euros explique Franck Mordacq, le directeur général de la modernisation de l'Etat (interview). Au total, le gouvernement estime pouvoir économiser 3 milliards d'euros sur 3 ans. Mais l'année dernière, le déficit public était de 36 milliards. Certains audits sont très critiqués, comme celui sur le temps de travail des enseignants du secondaire. « L'équivalent de 28 000 postes à temps plein qui ne sont pas devant les élèves » selon le gouvernement. Analyse réfutée par les syndicats et qui est à l'origine du conflit actuel. Mais depuis quelques années, c'est surtout l'administration des impôts qui est le laboratoire de la modernisation de l'Etat. 5000 postes supprimés. Le gouvernement met en avant les gains de productivité grâce à la déclaration de revenus sur internet par exemple et promet de redistribuer aux agents une partie des économies réalisées. Un discours qui passe mal auprès des fonctionnaires de Bercy explique Vincent Drezet, du syndicat unifié des impôts (interview). Ces indicateurs, censés permettre d'évaluer la performance de l'Etat, se généralisent avec la nouvelle présentation du budget, la LOLF en langage technocratique. Chaque haut fonctionnaire qui gère une mission de l'Etat se voit attribuer un budget, en début d'année, mais il est encouragé à ne pas tout dépenser. Le système a été mis en place l'année dernière. Le bilan ne sera tiré qu'au mois de mai, après les élections. Mais au vu des premiers chiffres, Jean Arthuis, le président de la commission des finances du Sénat est convaincu qu'on a remplacé moins de fonctionnaires que prévu (interview). De moins en moins de fonctionnaires de l'Etat, c'est vrai, mais de plus en plus dans les collectivités locales, avec la décentralisation. Et parfois on crée une nouvelle structure dans une région ou un département qui fait doublon avec une administration centrale. C'est l'objet d'un nouvel audit en cours. La réforme de l'Etat est donc lancée, mais selon le mot de Jean Arthuis, ce n'est pas « le grand soir de la dépense publique ». Un dossier de Sara Ghibaudo.

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