12.02.2007 Dominique BROMBERGER Au cours du week-end dernier, le jeu de poker-menteur auquel se livrent, depuis des mois, Américains et Iraniens, a atteint un niveau d’intensité inconnu jusqu’à présent. L’équipe américaine a choisi la journée d’hier, vingt huitième anniversaire de la révolution islamique pour abattre des cartes qu’elle tenait en réserve depuis au moins juin 2006. A l’époque, le général George CASEY, alors commandant en chef des troupes américaines en Irak, avait déjà affirmé que des insurgés irakiens disposaient d’armements, notamment d’explosifs directionnels capables de percer le blindage des chars, que seul l’Iran possédait dans la région. Hier, cette accusation a été reprise à grand renfort de photos, de diagrammes et d’échantillons par des officiers de l’état-major américain à Bagdad. L’ensemble était présenté de façon suffisamment dramatique pour que les dirigeants démocrates au congrès s’en inquiètent et demandent à l’administration BUSH de faire montre de retenue. Le sénateur Chris DODD est même allé jusqu’à déclarer que l’équipe de la Maison-Blanche avait déjà par le passé, tenter de falsifier des preuves, allusion évidente à l’Irak. Du côté israélien, cette date du 11 février a été également choisie pour procéder à l’essai d’un missile anti-missile, dirigé contre un objectif similaire à la fusée à longue portée iranienne, SHAHAB 3. Et la télévision israélienne a qualifié cette expérimentation de « message adressé à l’Iran. ». Du côté de Téhéran, il n’y a pas eu d’annonce aussi spectaculaire. Alors que les experts redoutaient que le président Mahmoud AHMADINEJAD n’annonce la mise en route de 3.000 centrifugeuses chargées d’enrichir l’uranium à la centrale de Natanz, cela n’a pas été le cas. Mais, rien ne prouve qu’il s’agissait là d’un geste de bonne volonté. Les ingénieurs iraniens, ont le sait, rencontrent des difficultés avec cette technique. Sur le fond, le discours d’AHMADINEJAD n’a rien apporté de fondamentalement nouveau. Ce sont ses adjoints qui se sont chargés d’insinuer qu’un compromis pourrait être envisageable. On parle, par exemple, d’une proposition présentée par la Suisse, selon laquelle les centrifugeuses tourneraient sans hexafluorure d’uranium ou encore d’une méthode destinée à enrichir l’uranium sans atteindre une concentration militaire. En somme, les Etats-Unis augmentent la pression sur l’Iran, tandis que le régime de Téhéran tente de discerner jusqu’à quel point il peut résister. Cela pourrait ressembler à ce qui s’est passé avant la guerre d’Irak. Il ne reste plus à espérer que Messieurs AHMADINEJAD et KHAMENEI ne commettent pas les mêmes erreurs d’appréciation que Saddam HUSSEIN.

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