Les licenciements se multiplient. Plusieurs mois que la France est touchée par la crise. Pourtant, la fréquentation des stations de ski est, pour l’instant, comparable à celle de l'an dernier. Mais la haute saison vient de débuter et ce ne sera pas peut-être pas Noël en février. Les chiffres sont bons jusqu'à maintenant mais le sont-ils partout et pour combien de temps ? A Courchevel, station chic et chère, les petits avions privés peuvent atterrir ou décoller tout l'hiver, sur la seule piste en Europe déneigée toute l'année. Dans la tour de contrôle, Yves Chapuis est le responsable de l'altiport (interview). Pour vérifier que les plus fortunés sont bel et bien présents, direction le Kilimandjaro, l'un des 14 hôtels 4 étoiles luxe de la station, à 1590 euros la chambre, 3090 la suite. L'ambiance est feutrée, la piscine chauffée et les clients contents, notamment les Anglais qui -nouveauté- demandent des rabais cette année. Jérôme Revelta est directeur de l'hébergement (interview). Cette clientèle est vitale pour Courchevel. Elle représente plus d'un tiers des skieurs et cette année, elle s'est moins déplacée. Les médias anglais ont donc tenté de trouver de bonnes combines. Hélène Faure est responsable de la presse à Courchevel (interview). Difficile tout de même de trouver un hôtel à moins de 100 euros et puis à Courch' comme disent les habitués, le café au pied des pistes coûte 3,70 euros. On prévoît une chute de 10% des réservations pour la saison. A l’inverse, les Aillons, station de moyenne montagne dans le massif des Bauges, connaissent une hausse de fréquentation. Cette station semble surfer sur la crise. Les enfants sont rois ici sur la piste baby. Les familles y reviennent régulièrement et à plusieurs. C'est convivial et bien moins cher. Sandrine est venue avec son mari, ses enfants et ses amis. Elle a économisé pour partir en vacances (interview). Deux forfaits payés c'est près de 200 euros d'économies aux Aillons. Ailleurs, cela peut être le triple. Pour Alexandre, 27 ans, il n'est donc pas question d'aller à Courchevel (interview). Ce rapport qualité-prix a même séduit cette année de nouveaux clients. Martine Bouvier loue une dizaine d'appartements dans la station (interview). Aux Aillons, il n'y a qu'un seul restaurant, tenu par Hélène Garnier. Ses nouveaux clients n'avaient en effet pas l'habitude de venir en moyenne montagne (interview). La saison est pour l'instant exceptionnelle mais le directeur du domaine skiable, Jacques Comparat, préfère rester sage (interview). Aux Aillons, ce n'est donc pas la crise mais seulement le mauvais temps qui pourrait gâcher la fin de saison. Un reportage de Bruce de Galzain.

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