Des jeunes qui jouent au football, au sein de la cité de la Castellane
Des jeunes qui jouent au football, au sein de la cité de la Castellane © MaxPPP

Trois jours après les tirs de Kalachnikov sur des voitures de police, retour à la Castellane. Cette cité des quartiers nord de Marseille est une place forte du trafic de drogue. Les habitants se sentent abandonnés par l’État depuis trop longtemps. Mais la Castellane est-elle vraiment une zone de non-droit ? Olivier Martocq, l'un des correspondants de France Inter à Marseille, s'est rendu sur place.

Olivier Martocq est entré dans la cité avant qu’elle ne soit bouclée par les forces de l’ordre lundi dernier, en marge de la visite du Premier ministre Manuel Valls. Et non, ce n’était pas "la Syrie", comme a pu le dire Samia Ghali, la maire PS du secteur. Les trafiquants avaient déjà déserté la Castellane juste après les tirs. Quand les forces de l’ordre sont arrivées cinq heures plus tard, fusils-mitrailleurs aux poings, protégés derrière des camions blindés, il n’y avait que des gens... normaux. Et aucun risque. L'incident a créé, en revanche, un vrai malaise parmi les 7.000 habitants, qui se sentent une nouvelle fois stigmatisés.

Un cercle sans fin

Les trafics d’armes et de drogue sont une réalité. D’après la police, la Castellane est une des cités les plus touchées. Il y a eu, ces derniers mois, des descentes et des saisies impressionnantes de drogues et d’armes. Lundi encore, les policiers ont mis la main sur sept kalachnikovs et plusieurs kilos de cannabis. Le problème, c’est que quand les policiers sont là, les trafics migrent dans une autre cité. Puis ils reviennent... C’est un cercle sans fin.

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En revanche, l’idée selon laquelle les trafics permettent aux jeunes de gagner de l’argent facile est fausse. Le salaire actuel d’un "chouff", un guetteur, n’est pas de 150€ par jour, mais de 50€ pour 12 heures de guet. Les gamins qui font cela sont, pour la plupart, ceux qui ont les plus grosses difficultés à l’école ou les conditions de vie les plus précaires.

C’est là qu’un vrai travail sur le terrain avec des éducateurs issus de leurs rangs qui les connaissent peut porter ses fruits. Encore faut-il débloquer des moyens.

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