Jamais une commune de 500 habitants ne s’était lancée dans la course à l’organisation des Jeux Olympiques. Le village de Pelvoux, au cœur du Parc National des Ecrins, près de Briançon, dans les Hautes-Alpes, espère représenter la France pour les JO d’Hiver en 2018. Il est en compétition avec Annecy, Grenoble et Nice. Il mise sur une candidature écolo. Le retour aux sources, c’est le slogan de Pelvoux 2018. Ici, pas de gigantisme, pas de palaces 5 étoiles. Ici, la nature, l’environnement, le savoir vivre montagnard, la simplicité, le terroir sont mis en avant. Après le retrait de Gap, projet enterré à l’automne, le petit village se lance dans cette incroyable aventure. Pelvoux, le 2ème site français d’escalade, va alors regrouper, autour de sa candidature, toutes les communes des Ecrins et du Briançonnais et même quelques-unes de l’autre côté de la frontière, celles qui ont accueilli les Jeux d’Hiver de Turin. Les sites existent déjà. Tous sont homologués et se trouvent les uns des autres dans un rayon de 40 kilomètres à 60 kilomètres. Les Orres, Serre-Chevalier, Risoul, Montgenèvre, Cesana en Italie par exemple. Gérard Sémillon est le maire de Pelvoux (interview). La candidature de Pelvoux a donc un écho très important. Celles et ceux qui la portent, qui la soutiennent, croient en leurs chances de terrasser le principal rival, Annecy. Le dossier technique est plutôt bien ficelé. Pas de gaspillage inutile de l’argent public, le budget avoisinerait les 250 millions d’euros en cas de victoire. 100 millions de moins que Vancouver 2010 et des milliards de moins que Sotchi en Russie dans 5 ans. Et bien-sûr, dans les Hautes-Alpes, explique Cyrille Drujon d’Astros, le responsable du comité de candidature, les valeurs écologiques rejoindront celles de l’olympisme (interview). Les habitants se sentent concernés par cette candidature, sans hésitation. Certains sondages montrent une adhésion totale de la population. Pour deux raisons. La première, le prestige avec un brin de chauvinisme, c’est de bonne guerre. Les Alpes du Sud valent bien les Alpes du Nord, assurent Jean et André qui visent, en disant ça, Annecy et Grenoble (interview). La seconde raison. Le développement de la région. Pelvoux est dans une région rurale qui vit surtout du tourisme. Pays enclavé, desserte routière et ferroviaire difficile. Pelvoux 2018 permettrait de relancer l’activité économique et d’accélérer la rénovation de la ligne SNCF de la vallée de la Durance. Vincent est impatient (interview). Pelvoux est en compétition avec Annecy, Grenoble et Nice. Il y a plusieurs étapes avant la décision du CNOSF, le Comité National Olympique, pour savoir laquelle de ces 4 villes représentera la France. Aujourd’hui, les 4 sont auditionnées par la Fédération de ski puis, dans la semaine, par la Fédération des Sports de Glace. Le 21 janvier, grand oral au CNOSF. Enfin, le 18 mars, Pelvoux connaîtra son sort. Quoiqu’il arrive, le village des Ecrins a déjà gagné. Gagné la bataille de l’image et une reconnaissance nationale. Un reportage de Germain Treille, en direct du bureau de Radio-France à Lyon.

liens

Page spéciale « Pelvoux, la candidature verte »

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.