En janvier 2009, la direction de RFI annonçait un plan de modernisation et de réduction des déficits. La grève entre mai et juin reste la plus longue de l'audiovisuel public depuis 68. Finalement, il n’y a pas eu de licenciements secs mais un guichet de départs volontaires. Et aujourd’hui, l'avenir de RFI n'est toujours pas clair, les salariés s’interrogent. 201 salariés sur le départ, pour cause de suppressions de postes, 69 autres tout aussi désireux de partir mais qui pour le moment attendent le feu vert de leur autorité de tutelle, l'Etat, sans oser penser à ce qu'il adviendra d'eux si la réponse est négative. L'ambiance est loin d'être à la fête dans les couloirs de la radio internationale. Et parmi ceux qui restent, pas davantage de sérénité. RFI jusqu'à présent à Paris, c'était 19 rédactions en langues étrangères, en plus du français, pour un total d'un millier de salariés. Dans le cadre des nouvelles orientations voulues par la direction, 6 rédactions de langues ont déjà ou sont sur le point d'être fermées : lao, polonais, serbo-croate, turc, albanais et allemand... Christine Sieberg travaillait dans cette dernière depuis 15 ans (interview). Et avec 201 personnes en moins, dont la moitié de journalistes, une totale réorganisation du travail va être nécessaire. Réorganisation qui n'a pas encore été présentée aux salariés, mais qui, pour Haddala Benrad, du SNJ-CGT, se fera forcément au détriment de la qualité (interview). Archi faux, rétorque la directrice déléguée de RFI, Geneviève Goetzinger pour qui, Et la mission de la radio, ET la qualité de son antenne resteront inchangées (interview). Cap, donc, sur la téléphonie mobile et internet, avec un renforcement du maillage sur l'Afrique, surtout anglophone et lusophone. Une rédaction en swahili, une autre en haoussa (la langue commerciale de l'Afrique de l'Ouest) devraient également voir le jour. Alors tout ça, c'est très bien. Mais pour beaucoup, des grandes lignes ne font pas un vrai projet d'entreprise. Et ce qu'on entend pas mal dans les couloirs, c'est que le PDG, Alain de Pouzilhac et Christine Ockrent, sa directrice générale déléguée, ne cherchent qu'à casser RFI, que cette radio est en passe de perdre son âme. Ecoutez ce qu'en pense celui qui en fut le patron de 81 à 82, Hervé Bourges (interview). Au soucis du projet s'ajoute un problème de méthode. Les syndicats dénoncent des manières brutales, une direction qui ne communique pas avec ses salariés. Sans oublier, au plus haut niveau, des rémunérations qui en cette période de restrictions, riment avec provocation. Alain de Pouzilahc et Christine Ockrent touchent en effet 310 000 euros par an chacun, hors primes et bonus éventuels. Plus de deux fois le salaire du précédent PDG de RFI, Antoine Schwarz ! _____ Un dossier d’Alexandra Ackoun.

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