Que deviennent aujourd'hui, ces familles arrivées il y a 3 mois ?
Que deviennent aujourd'hui, ces familles arrivées il y a 3 mois ? © MaxPPP

L'accueil des réfugiés est quasiment à l'arrêt en France. Seules 19 personnes, des Erythréens, sont arrivées au mois de décembre 2015 alors que notre pays s'est engagé à accueillir 32.000 réfugiés sur deux ans pour soulager les pays en tension comme l'Italie, la Grèce ou l'Allemagne.

L'OFPRA est allé chercher à Munich, quelques centaines de ressortissants syriens et irakiens en septembre. Que deviennent aujourd'hui, ces familles arrivées il y a 3 mois ? Elles ont pratiquement toutes quitté les centres d'accueil collectifs, pour vivre désormais dans des logements autonomes.

Khateb et son fils Mohamed Hussein habitent dans un F2 à Witry-les-Reims. Lorsque nous arrivons chez eux, la télévision est allumée. Pour Khateb la télé est un bon moyen d’apprendre le Français.

Khateb, ancien fabricant de lessive de Madaya, regarde les films et déchiffre le télétexte en même temps. Il apprend aussi grâce à "la famille Dupont", livre qui trône sur la table de la salle à manger, une page d'écriture hésitante à côté.

Le livre "La famille Dupont" est posé sur la table.
Le livre "La famille Dupont" est posé sur la table. © Radio France

Le père se désespère un peu pour son fils qui d’après lui « manque de courage » pour apprendre la langue. Le garçon a 9 ans, il est scolarisé dans la commune. Bientôt, il parlera donc très bien.

En Syrie, ils étaient décorateur, cameraman et étudiants

Une autre famille syrienne a trouvé refuge à quelques kilomètres de Witry-les-Reims précisément à Saint Brice-Courcelles. Karim, Montasser, Arafat et leur sœur Sarah vivent dans l'ancien logement de fonction de l'instituteur meublé grâce à la solidarité locale. En Syrie, ils étaient décorateur, cameraman et étudiants. Ils ont choisi de venir en France, où leur grand-père était officier dans l’armée Française. Un de leur frère, lui, vit en Allemagne.

Les journées sont bien remplies entre l'école, les cours, les démarches administratives, le sport, les courses, les repas. "Le chemin capital de l'autonomie" explique Philippe Watier, le directeur de l'Armée du Salut à Reims qui encadre ces familles.

Le point commun des deux familles, c’est qu’elles sont d'abord arrivées en Allemagne, avant d'accepter l'invitation de la France.

La France a cessé d'être attirante

Aux yeux de la grande majorité des réfugiés qui prennent le chemin de l'exil, la France a cessé d'être attirante. C’est le constat implacable que dresse François Gemenne, spécialiste des flux migratoires, chercheur à Sciences Po Paris.

Khateb lui dit qu’il aime ce pays et « être avec les gens ». Les 4 frères et sœurs de Saint-Brice veulent aujourd'hui que leur frère installé en Allemagne les rejoigne dans leur petite maison de la banlieue de Reims. Khateb espère lui, faire venir sa femme et ses 5 enfants restés en Syrie.

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