Le zoom de la rédaction nous amène ce matin en libye. En ce jour de vote au parlement, de la poursuite ou non de l’engagement français dans ce conflit.Vanessa Descouraux se trouvedans l’ouest libyen, à Zenten (160 kilomètres au sud de Tripoli), ville libérée des forces de Kadhafi où les conditions de vie restent très difficiles.

Evidemment il y a les traces physiques des attaques des troupes loyalistes: ces plaies, ces trous de tirs de mortiers, de roquettes. 148 jeunes sont morts ici, dans cette ville qui compte près de 40 mille habitants. Mais même si Zenten est libre, Zenten n’a pas encore le droit de respirer.

Tout est rare ici, alors certes l’électricité a été rétablie, mais l’’eau ne coule pas partout dans la ville. La nourriture, elle, transite par la Tunisie, à 250 km de là. Les banques sont fermées, donc les gens n’ont plus de liquidités et vivent des dons des associations.Et puis il y a cette image étonnante en Libye : les stations service sont fermées.L’essence importée est gratuite pour les combattants, mais à un prix exorbitant pour les particuliers.D’où ce genre de scène en pleine ville, impensable ici, un jeune homme et ses amis qui poussent leur voiture : panne sèche!

Et surtout Zenten reste encore sous la menace des troupes loyalistes...

Il existe deux fronts non loin de Zenten, dans un rayon de 50 km seulement. Sur l’un de ses fronts se trouve la ville de Kala, plantée dans un décor de collines ocres, balayées par un vent chaud. Kala a été assiégée pendant 6 semaines, coincée entre la progression des loyalistes et un village fidèle à Kadafi. Mohamed est resté malgré tout, pas pour battre car pendant le siège il ne pouvait que subir. Subir la menace permanente des armes lourdes et leur bruit obsédant, et subir une vie quotidienne épuisante.

Des maisons calcinées, des commerces pillés. Des milliers de cartouches tapissent le sol de cette ville... Les câbles haute tension pour l’électricité ont été sectionnés, et trainent en pleine rue. Même la tour romaine de la ville a été touchée.Les pro-Kadhafi sont partis à la hâte de Kala. Tout le prouve! On a retrouvé dans des foyers des dizaines d’uniformes, des rations militaires. Par ailleurs achetées en Turquie.Mais avant de partir ils ont pris soin de poser des mines dans les chemins qui longent la route principale.

Et sur ce front, les insurgés sont aussi mal équipés que dans l’Est du pays où l’on a vu des soldats démunis face à la force de frappe de leur ennemi...

C’est le même rapport de forces.Mais au-delà des armes, c’est l’équipement des combattants qui fait défaut. Par exemple, il n’y a pas de jumelles infra rouges et c’est pour ça que les forces de kadafi privilégient les attaques nocturnes. Cela a été le cas ces derniers jours. Adel a pourtant essayé d’importer du matériel depuis la Tunisie. C’est dans cette zone que l’armée française a parachuté des armes, il y a plusieurs semaines dans ses montagnes de l’ouest. Et dans chaque ville où nous nous sommes arrêtés, personne n’a rien vu, personne ne sait rien. Et même si Paris a confirmé, à Zenten et dans la région la ligne officielle c’est de ne rien dire car s’il y a bien ici un résidu du régime de Kadhafi qui perdure, c’est bien la suspicion permanente, la population est persuadée que des partisans du colonel se cachent parmi eux.

Avec les rebelles de Zenten, Libye...
Avec les rebelles de Zenten, Libye... © Radio France / Vanessa Descouraux
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.