Depuis plus de 300 ans, l’Institution Nationale des Invalides accueille les grands blessés, qu’ils aient été combattants ou résistants. Après les attentats de 2015, les victimes du terrorisme y ont été également soignées. Pour la première fois, le défilé du 14 juillet va leur rendre hommage, lors de l’animation finale.

Vue extérieure de l'Institut national des Invalides à Paris
Vue extérieure de l'Institut national des Invalides à Paris © Radio France / Nathalie Hernandez

"Ici, c’est une petite maison", explique Viet N’Guyen, masseur kinésithérapeute depuis 25 ans à l’INI, l’Institution Nationale des  Invalides, avec d’anciennes victimes des autres guerres, des anciens résistants. "Je pense que les Invalides ont cette grande qualité de pérenniser l’Histoire de l’humanité, en tous les cas de la France."

Louis XIV avait voulu une maison pour ses vieux soldats, 349 ans plus tard, les Invalides continuent de prend en charge les grands blessés, qu'ils aient été combattants ou résistants.

L'hôtel des Invalides, ses 127 000 m2, son dôme recouvert d'or où repose Napoléon, un lieu où se pressent les touristes. Peu imaginent que  derrière ces vieilles pierres, ils sont plus d'une centaine de pensionnaires et de patients, âgés de 28 à 103 ans.

Au cœur de Paris, deux sites accueillent des soldats blessés en opération extérieures, des vétérans de la Seconde guerre, d'Indochine ou  d'Algérie. D'anciens résistants, des rescapés de la Shoah et les victimes d'attentats depuis 2015 sont également pris en charge.

Tous souffrent ou ont souffert d'un handicap lourd. Pour les pensionnaires, c'est l'avancée en âge et la nécessité d'une prise en charge médicale complète qui les amènent aux Invalides.

"La plupart des blessés ici sont des blessés qui sont amputés, hémiplégiques, paraplégiques voire tétraplégiques. Ils vont nécessiter une rééducation très longue", explique le directeur, le médecin général Michel Guisset

Fabrication de prothèses, kinésithérapie ou encore balnéothérapie sont à leur disposition. Viet N'Guyen masseur kinésithérapeute depuis 25 ans à l'Institution, travaille régulièrement avec ses patients sur le plateau de rééducation, où ils peuvent être massés, réapprendre à marcher  et échanger. Des soins en box particulier sont aussi possibles quand le patient préfère être seul avec le praticien.  

"On travaille à l'ancienne ici, on prend du temps avec le patient, le temps de le toucher et de l'écouter."

Espace de balnéothérapie à la Maison des Invalides
Espace de balnéothérapie à la Maison des Invalides © Radio France / Nathalie Hernandez

Un autre endroit est également très apprécié par les blessés : la piscine. Située à l'entresol, avec un bassin de 13 mètres sur 7 et une  température moyenne de 33 degrés. 

"L'eau est un très bon vecteur pour redonner de l'autonomie au patient et de l'estime de soi."

George a 92 ans. Sergent pendant la Seconde guerre mondiale, il a été grièvement blessé à une jambe. Devenu veuf,  il a demandé à être  pensionnaire aux Invalides, il y a six ans .

"J'ai été accueilli comme un enfant qui rentrait au bercail.  On a servi la patrie, ça fait de nous une famille."

George est porte drapeau de l'Institution et dimanche il sera sur les Champs-Élysées : une première ! "J'ai été très content", assure-t-il. "Il faut parler de ce sacrifice en vue d'un bien commun : la République."

George, l'un des pensionnaires de la Maison des Invalides
George, l'un des pensionnaires de la Maison des Invalides / INI

De l’institution, ils seront trois, poussés dans leur fauteuil par d'autres blessés : le symbole de toutes les générations de soldats.

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