Retour sur l'intrusion de la Tribu Ka en plein quartier juif de Paris, il y a 2 semaines. Une trentaine de jeunes noirs ont semé la panique rue des Rosiers. Pas de violence mais beaucoup d'émotion dans la communauté juive. Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy ont exprimé leur solidarité. Le ministre de l'intérieur s'est même rendu rue des rosiers (le même jour d'ailleurs que le président du MPF Philippe de Villiers.) Cette Tribu ka est un groupuscule ouvertement raciste et antisémite, jusqu'ici presque inconnu, qui s'est offert un coup de pub. On peut parler de provocation calculée, à propos de sa descente rue des Rosiers. Une marche que la Tribu ka a elle même filmée. Depuis 2 semaines, le leader du groupe qui se fait appeler Kemi Seba, c'est-à-dire l'étoile noire en égyptien ancien, accorde volontiers des interviews. Le "fara" est accompagné par deux membres de la Tribu ka vêtus de noir. Une mise en scène calquée sur les black muslims, dont il a un temps vendu l'organe officiel, même s'il n'est pas musulman. Dieudonné a pris officiellement ses distances avec cette posture ultra radicale. Posture revendiquée par Kemi Seba (interview). Après cette descente rue des Rosiers, le ministre de l'intérieur dit réfléchir à la dissolution de la Tribu ka, un groupe qui avait déjà fait parler de lui très récemment, en menaçant la communauté juive. La Tribu ka brandit volontiers la menace de violence lorsqu'il s'agit de voler au secours des noirs à bon ou mauvais escient. Parmi ses prochaines actions annoncées sur internet : le Vlaamse block à Anvers. Cela dit, il faut quand même relativiser. Elle n'est jusqu'ici jamais passée à l'action. Selon les RG, le groupe compte une cinquantaine de membres actifs, une centaine de sympathisants. Des jeunes d'origine antillaise ou africaine, de la 2ème ou 3ème génération. Leur porte parole, de son vrai nom Gilles Stellio Robert Capochichi, a 24 ans. Il est né à Strasbourg de parents béninois. Et il a travaillé comme éducateur. De ce point de vue, explique Stephen Smith, co auteur de « Noir et Français », la Tribu ka, c'est une sorte d'amicale un peu radicale (interview). Il y a malgré tout des associations issues des communautés afro antillaises, qui condamnent et s'inquiètent d'un éventuel amalgame. C'est le cas du Cran créé apres les émeutes en banlieues. Quant à Patrick Karam, du Collectif Dom, des Antillais, Guyanais, et Réunionais, il a porté plainte en justice pour incitation à la haine raciale (interview). Sos racisme y voit plutôt l'aveu d'un échec. L'association a mené en octobre dernier un testing, à l'entrée d'une réunion de la Tribu ka dans un local de Belleville à Paris, un endroit où n'entrent que des Noirs. Même les métis ne sont pas les bienvenus. Le président d'SOS Racisme, Dominique Sopo, a lui-même été pris à partie, suspecté d'être noir dehors et blanc dedans, ce qu'entre noirs, on appelle un « bounty » (interview). Un dossier de Delphine Simon. LIVRE Smith, Stephen, "Noir et français !", paru le 13 avril 2006, Ed. du Panama, Paris.

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