Pour la première fois aujourd'hui, la France, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas participent à un exercice commun du plan « Alerte enlèvement ». (Son « Alerte enlèvement »). Ce message aux accents anxiogènes, vous l'avez sans doute déjà entendu, sur France Inter et ailleurs. Il est diffusé à chaque fois que le plan "Alerte enlèvement" est déclenché. Un plan d'urgence qui a été mis en place en février 2006 et dont l'objectif est d'adresser un message massif à la population dans les instants qui suivent l'enlèvement d'un mineur, pour que tout le monde soit mobilisé pour retrouver l'enfant. Cette mobilisation se fait grâce à une convention signée entre le ministère de la justice et les grandes entreprises de transport de voyageurs (la SNCF, la RATP), les sociétés d'autoroute, les ports, aéroports, les associations de victimes et les principaux médias. L"alerte enlèvement" est en fait une adaptation directe d'un dispositif qui existe aux Etats-Unis et au Canada, depuis déjà de nombreuses années, qui a été baptisée Amber, en mémoire d'une fillette de 9 ans kidnappée et assassinée au Texas en 1996. On a d'ailleurs conservé en France les mêmes critères de déclenchement de l'alerte qu'aux Etats-Unis et au Canada. Des critères que nous détaille le sergent Grégory Gomez Del Prado, de la sûreté du Québec (interview). Mais en réalité, « l'alerte enlèvement » ne peut pas être déclenchée en quelques minutes. Il faut compter une bonne heure et demie entre le moment où la disparition de l'enfant est signalée et la première diffusion du message. Pourquoi ? Et bien parce qu'administrativement, la procédure est lourde. Il faut que ce soit le procureur de la République, en concertation avec les enquêteurs, qui en prenne la décision. Puis il faut rédiger un communiqué, le transmettre aux médias. Philippe Bardonneau est secrétaire général de la rédaction de France Inter. Il explique comment ça marche (interview). Depuis 2006, l'alerte enlèvement a été déclenchée 6 fois en France. Et 6 fois, les enfants ont été retrouvés sains et saufs. La dernière fois, c'était le 13 mars, à Nantes, après la disparition d'un enfant de 9 ans et demi. Mais c'est celle du petit Enis, le 15 août 2007 à Roubaix, qui a donné l'idée de l'exercice européen qui a lieu aujourd'hui. Guillaume Didier est porte parole de la ministre de la justice (interview). Aujoud'hui, 4 pays vont participer à ce test. La France, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Sur la base d'un enlèvement fictif. Le but de l'exercice, bien sûr, c'est de voir comment les différents services de police et de justice sont capables de se coordonner dans l'urgence. Pour Eric Mouzin, l'initiative est excellente. Eric Mouzin, c'est le père de la petite Estelle, cette fillette de 9 ans disparue en 2003 à Guermante, en Seine-et-Marne. A cette époque, l'alerte enlèvement n'existait pas en France. Mais si cela avait été le cas, elle n'aurait sans doute pas été déclenchée pour Estelle, car tous les critères n'étaient pas réunis. En tous cas, depuis la disparition de sa fille, Eric Mouzin est extrêmement impliqué dans toutes les affaires d'enlèvements d'enfants. Et lui, ce qu'il veut, c'est une justice sans frontière au sein de l'Union Européenne (interview). Mais l'alerte enlèvement ne peut pas être la réponse à toutes les disparitions d'enfants. Rien qu'en France, en laissant de côté les fugues et les enlèvements parentaux, on enregistre chaque année en moyenne 500 disparitions inquiétantes de mineurs. Un reportage d’Alexandra Ackoun.

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