Le 12 mai 2008, le Sichuan, cette province du sud ouest de la Chine, était frappé par un violent séisme. 87 000 morts ou disparus, 100 000 km2 touchés. La secousse a été ressentie jusqu’à Pékin, à plus de 1500 km. Il y a quelques jours seulement, le gouvernement a donné un bilan officiel des enfants tués dans l’effondrement des écoles : 5 335 élèves sont morts. Les parents réclament la vérité sur la qualité des bâtiments. Le sujet est plus que sensible. C'est à Ju Yuan que la tension est la plus perceptible. Des policiers patrouillent dans les rues, les habitants ont peur de parler à la presse étrangère. A Ju Yuan, on nous a empêchés de travailler, une quinzaine de policiers en uniforme nous ont encerclés dans la rue, alors que nous avions toutes les autorisations nécessaires pour travailler dans cette zone. Aucune interview n’a été possible. Les policiers ont gagné - c’est ce qu’ils voulaient : nous empêcher d’interroger les parents des enfants morts sous les décombres de l’école. « Les autorités ne peuvent pas encore dire pourquoi les écoles se sont effondrées », a déclaré un haut responsable chinois. Malgré le bilan officiel des 5 335 enfants morts, le sujet reste tabou. Des parents évoquent des cas de corruption, de l’argent public détourné pour construire à bas coût. A Beichuan, nous avons rencontré une mère qui a sorti son fils des gravats de l’école (interview). Un homme, un designer chinois de renommée internationale, critique le régime qui cherche à étouffer le scandale des écoles. Il s’appelle Al Wei Wei. Très choqué par ce qu’il a vu au Sichuan, il a entrepris un vaste travail de recencement des enfants morts (interview). Et à quoi ressemble le Sichuan, un an après le séisme ? Selon les endroits, à un champ de ruines ou à un grand chantier où s’activent des ouvriers et des engins de reconstruction, avec des familles qui attendent d’avoir une maison en dur comme ce jeune couple (interview). Un reportage de Dominique André, en direct de Pékin.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.