Manifestation à Abuja contre l'enlèvement de lycéennes par Boko Haram
Manifestation à Abuja contre l'enlèvement de lycéennes par Boko Haram © REUTERS/Afolabi Sotunde

"Nous avons capturé vos filles, et elles seront vendues comme des esclaves." Les déclarations de la secte islamiste Boko Haram ont révolté le monde entier. Cette affaire met en lumière une pratique abolie, mais toujours pratiquée en Afrique : l'esclavage.

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Il existe encore des pays où l'on parle de "maître" et "d'esclave", où des femmes, des hommes et des enfants sont la propriété d'un employeur, au mépris des lois en vigueur, dénonce l'universitaire André Salifou, l'une des grandes figures intellectuelles en Afrique.

Selon les pays et selon les communautés concernés, il y a d'une part l'esclavage tel qu'il existait à l'époque pré-coloniale, et d'autre part, ce qu'on appelle l'esclavage moderne, qui consiste à imposer des travaux inimaginables à des gamins ou des gamines.

La Mauritanie est le pays que toutes les associations montrent du doigt. L'esclavage a beau avoir été aboli en 1981 (pour la troisième fois dans l'histoire du pays), le gouvernement peine à éradiquer un système profondément ancré : on dénombre 150.000 esclaves sur une population de 3 millions et demi d'habitants.

À Nouakchott, Boubacar Messaoud, secrétaire général de l'association SOS esclavages, dénonce les communautés musulmanes obscurantistes.

Cet esclavage est caché. Par les victimes elles-mêmes et par ceux qui les oppriment. Souvent, dans la société musulmane, l'islam a été instrumentalisé.

Cette pratique dépasse les frontières de l'Afrique : des cas d'esclavage sont recensés dans les pays du Golfe persique. Et même en France. L'an dernier, l'histoire de Charlotte, adolescente ivoirienne vendue 4.500 euros comme esclave domestique à un couple d'africains à Cavaillon, a suscité une vague d'indignation.

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Jeanne-Marie, une jeune Ivoirienne, a elle aussi été esclave domestique dans une famille africaine. Son passeport lui a été confisqué à son arrivée, et elle n'a jamais été payée.

Je devais me réveiller à cinq heures du matin pour m'occuper du bébé. Je devais tout faire : le ménage, la cuisine. Et je dormais dans le cagibi.

Aux côtés des associations, les internautes africains commencent à se mobiliser. L'une des plus célèbres blogueuses africaines,la Camerounaise Julie Owono , parle d'une vraie "prise de conscience" des jeunes.

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