Après Pau hier, autre point chaud du second tour des municipales ce matin : Strasbourg ! Dans la capitale alsacienne, après 6 années de tandem UMP Fabienne Keller - Robert Grossmann, le socialiste Roland RIES est en ballotage favorable. Il a de fortes chances de reprendre la mairie qu'il a déjà dirigée 3 ans, entre 1997 et 2000. Le candidat socialiste dispose d'une avance très confortable à 4 jours du second tour. Roland RIES a 10 points d'avance sur sa concurrente Fabienne Keller. Près de 44 % pour l'un et un peu moins de 34% pour l'autre. Un handicap presque insurmontable pour la maire sortante. Ce n'est pas le bilan de l'équipe de droite qui pose problème. Le tram, le TGV, le Zénith, tout cela est approuvé par les 3 quarts des habitants. En revanche, les électeurs ne voulaient plus d'un certain type de gouvernance. Un pouvoir à 2 têtes. Fabienne Keller à la mairie, Robert Grossmann à la communauté urbaine. Le tandem, comme on dit ici, ne fonctionnait plus. La sanction a été brutale, comme le raconte ce Strasbourgeois qui a toujours voté à droite (interview d'un Strasbourgeois). Ces propos ont de quoi faire sourire l'équipe adverse, celle de Roland RIES. Malgré tout, dans le camp de la gauche, on résiste à tout triomphalisme. D'autant que l'abstention a été forte dimanche dernier, 45%, 10 point de plus que le niveau national. En attendant le second tour, le PS prépare sa nouvelle majorité. Les socialistes ont passé un accord avec les Verts dès lundi, un accord attendu, préparé de longue date. Les Verts qui ont remporté un peu plus de 6% des voix. Ils participeront à l'exécutif municipal. Mathématiquement, avec son score et celui du parti écologiste, Roland Ries atteindrait donc déjà les 50%, de quoi retrouver le fauteuil de maire, un fauteuil, qu'il a déjà occupé entre 97 et 2000, quand il a remplacé Catherine Trautman, partie au ministère de la culture (interview Roland Ries). En face, le tandem Keller-Grossmann est très pessimiste. 34% des voix, c'est 10 points de moins que la liste de gauche. Et surtout il n'y a pas de réserve de voix à droite. Les partis d'extrême droite, « Alsace D'abord » et « Le Front National », se sont effrondrés. Résultat, dans le camp UMP, c'est un peu comme si la campagne s'était arrêtée. Le blog de Robert Grossmann n'affiche plus rien de nouveau depuis 5 jours. Pas un mot. Fabienne Keller, elle, continue vaille que vaille d'arpenter les quartiers. Visage fatiguée, cette polytechnicienne, ancienne capitaine de corvette et ancienne officier des services de renseignement, a été accusée pendant toute la campagne d'autoritarisme. Aujourd'hui, elle n'arrête plus de faire son mea culpa, au bord des larmes (interview Fabienne Keller). Fabienne Keller la candidate UMP est un peu perdue. Très déçu également le Modem. Ici, comme à Paris, le PS n'a pas besoin d'un accord avec le parti centriste pour l'emporter. Le Modem a fait près de 6%. Il n'a donné aucune consigne de vote. Mais quoi qu'il en soit, il n'y a aucune chance que ces voix centristes se reportent sur Fabienne Keller. C'est une ennemie irréductible du maire, exclue de l'équipe municipale il y a plusieurs années, qui a mené la liste du Mouvement Démocrate. S'il reste une inconnue, c'est donc du côté des abstentionnistes. Ils sont nombreux ici à ne pas être allés voter. 45%. Pour une partie, ces électeurs votaient, avant, pour l'extrême droite, qui cette fois a été laminée. Que vont faire ces électeurs aux second tour ? Le point de vue du sociologue Philippe Breton (interview Philippe Breton). L'extrême droite faisait en 2001, 17% à Strasbourg. Dimanche dernier, « Alsace d'Abord » et « Le Front National » ont réunit à tous deux 5,01% des voix. Un reportage de Sébastien Laugénie en direct de Strasbourg. Un reportage de Sébastien Laugénie.

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