Mercredi dernier, dans la ville de Tuusula, un garçon de 18 ans a abattu 8 personnes dans son lycée, avant de se suicider. Un drame rarissime dans ce pays nordique de 5 millions d’habitants plutôt épargné par la violence. Très secoué par cette tuerie, la Finlande tente déjà de trouver des réponses à ce drame. En premier lieu, la loi sur les armes qui va changer, qui sera plus restrictive. C’est étonnant, dans une société si paisible, mais la Finlande est le troisième pays au monde pour la détention d’armes, troisième derrière les Etats-Unis et le Yémen. Evidemment, il y a beaucoup de chasseurs, mais les fusils de chasse c’est 60 % des armes du pays. On dit qu’en Finlande, les habitants préfèreraient quitter l’union européenne plutôt que de durcir la loi sur les armes. Mais le drame de Tuusula a tout changé. Matti a 24 ans. Il est venu se receuillir à Tuusula, devant désormais un tapis de bougies qui brûlent encore, malgré le froid et le vent. Et ce débat sur les armes, il espère qu’il ira jusqu’au bout (interview). C’est si simple de se procurer une arme ? Comment le meurtrier a pu obtenir la sienne ? Pekka-Eric Auvinen est allé une fois dans un stand de tir. Une seule leçon, il a obtenu une licence, sans difficulté, alors qu’il était sous anti dépresseurs. Avec sa licence, il a pu acheter un calibre 22, 3 semaines après, il passe à l’acte. Avant ce drame, Emilia, 15 ans, ne s’était jamais posée de question sur les armes, et leur place dans la société (interview). Et dans ce drame, Internet a joué un rôle important. Il y a eu cette vidéo sur You Tube qui annonçait le carnage, celui de Virginia Tech, aux Etats-Unis, en avril. Un étudiant sud coréen avait tué 33 personnes et lui aussi avait posté une vidéo. Le meurtrier finlandais l’a écrit dans une lettre, c’était l’un de ses modèles, tout comme les 2 jeunes tueurs de Columbine aux Etats-Unis. Il était par ailleurs en contact avec un étudiant américain, fasciné par ces meurtres de masse dans les écoles. Comme s’il existait une connexion, que seul le net permet, entre ces jeunes qui veulent tuer. Oona a 15 ans. Elle a vécu 10 ans en France. Elle appartient à la génération Internet, mais est effrayée de voir que c’est aussi le lieu de toutes les dérives (interview). Voilà pour le climat actuel, le traumatisme que vit le pays. Traumatisme parce que les 3 piliers de la société finlandaise ont été attaqués, explique Olivier di Scala. Il est le directeur adjoint du lycée franco-finlandais d’Helsinki (interview). Et surmonter ça, ça veut dire beaucoup de discussion avec les élèves. Depuis la fusillade, partout les cours ont été chamboulés pour que les jeunes puissent s’exprimer. Peu importe le programme, l’essentiel c’est que la parole soit libérée. Un dossier de Vanessa Descouraux et Laurent Groult en direct d'Helsinki en Finlande.

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