A voir pousser chaque jour des bonnets rouges, des bonnets verts, des bonnets jaunes, ou des poussins, on se dit que décidément, oui, les français sont en colère. La fiscalité et l'emploi cristallisent les mécontentements et chacun monte son propre mouvement pour défendre son bout de gras.

Bonnets rouges
Bonnets rouges © MaxPPP/Le Télégramme/Claude Prigent

Dernier mouvement en date: "La horde française", qui fédère une partie du monde équestre contre la hausse de la TVA, ce qu'elle appelle "l'équitaxe". La TVA, portée de 7 à 20% au 1er janvier, qui va renchérir le prix de l'entretien des chevaux et des leçons d'équitation. La filiere se dit menacée. Il y a encore quinze jours personne ne parlait d'elle. Fin octobre, Bérangere d'Espeuilles, éleveuse et cavalière, a décidé d'ouvrir une page Facebook pour fédérer des mécontents et la mèche, dit-elle, s'est enflammée très vite.

Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose, on ne pouvait pas se laisser faire car il en va de la survie de nos passions et de nos métiers. Je ne pensais pas que ça allait prendre ces proportions, je suis la première surprise. La page Facebook a été crée il y a dix jours et on va arriver à 16.000 fans. C’est un mouvement spontané qui s’est crée tellement vite, que la Fédération française d’équitation n’a pas eu le temps de réagir, on est trop rapides pour eux.

Magie d'internet qui court-circuite les organisations traditionnelles.

Olivier Mathiot est le porte parole des pigeons, ces patrons de startup qui ont obtenu gain de cause l'an dernier. Son mouvement, c'est aussi un défi lancé à des institutions trop déconnectées du terrain car selon lui les syndicats sont vieillots parce qu’ils sont trop loin du terrain.

Les réseaux sociaux permettent un dialogue direct avec le gouvernement

Olivier Mathiot

Il y a les mobilisations sur internet, il y a aussi le terrain et là c'est autrement plus violent. Radars et portiques cassés, c'est toute une région qui s'embrase en ce moment : les salariés, les patrons, les agriculteurs, une convergence rarissime autour d'un thème: la fiscalité.

Bernard Vivier est expert en relations sociales

La CGT s'en est émue la semaine dernière.: on a reculé dit elle sur l’écotaxe après des portiques cassés mais qu'on n'a pas reculé sur les retraites malgré des dizaines de milliers de manifestants dans la rue. Alors faut il casser pour faire bouger les pouvoirs publics ?

C’est la médiatisation des conflits qui est la clef

Jean François Amadieu est sociologue, professeur à la Sorbonne

Le mouvement va t il s'étendre à d'autres régions ? Jean François Amadieu n'y croit pas.

Les bretons qui n'ont pas d'ailleurs le soutien de la majorité de l'opinion. D'après un récent sondage, près de six Français sur dix demandent aux "Bonnets Rouges" de cesser le mouvement pour laisser place à la concertation.

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