Marine le Pen caracole toujours en tête dans les sondages dans le Nord-Pas-de-Calais
Marine le Pen caracole toujours en tête dans les sondages dans le Nord-Pas-de-Calais © MaxPPP

A trois semaines du premier tour des élections régionales. Marine le Pen caracole toujours en tête dans les sondages dans le Nord-Pas-de-Calais. De nombreuses voix se font pourtant entendre pour dire "non" au FN : Géraldine Hallot les a rencontrés.

Marine Le Pen est donnée gagnante au second tour avec de 7 à 17 points d'avance sur les autres candidats. Mais au fil des semaines, de nombreuses voix se font entendre pour dire "non" au FN. Notre première étape, le quartier Moulin à Lille est un quartier défavorisé où la dernière filature a fermé il y a plus de 20 ans. Aujourd'hui, le taux de chômage y dépasse 30%. Gilles Defacque, comédien et clown de formation y a installé son Pôle national des arts du cirque. Et dès l'entrée, il affiche la couleur : sur le mur, une petite affichette rappelle qu’il "veut dire non au Front national".

Gilles Defacque :

Dire "non" au FN sans avoir l'air de stigmatiser ses électeurs est un défi, reconnaît pour sa part Pascal Pesé, le directeur d'une galerie d'art contemporain à Valenciennes : « Il y a beaucoup d’électeurs du Front national qui votent par dépit. C’est une région touchée par l’illettrisme et la pauvreté. Dans un tel désespoir, comment faire face à cette petite musique du clivage, de l’opposition ? C’est facile, pour elle, de faire un tel tabac… »

Pascal Pesé :

A Valenciennes, Herman Lugan s'interroge : "Que serait la culture, dans une région FN ? Il est le directeur adjoint du Phénix, une grande salle de spectacle. On voit réapparaitre des mots comme "l’art dégénéré", qui renvoie à certaines périodes sombres de notre histoire. Ils opposent les folklores populaires ou le patrimoine à la création contemporaine, qui serait inepte. Au final, c’est une approche pourtant antipopulaire…" Fin septembre, le Crac, le collectif régional arts et culture, qui regroupe 400 entités culturelles, a invité tous les candidats à débattre de leur projet culturel. Tous les candidats sauf Marine le Pen... qui n'a pas été conviée.

Les chefs d’entreprise trainent la patte

Si les artistes sont en première ligne dans cette mobilisation contre le FN, les chefs d'entreprise le sont un peu moins. L'ancien dirigeant du groupe Bonduelle, Bruno Bonduelle, 82 ans, a frappé les esprits en publiant la semaine dernière une tribune intitulée "No Pasaran" ("ils ne passeront pas") dans laquelle il met en garde contre les conséquences du vote FN. Depuis, il a reçu des dizaines de mails de menace, comme "tes petits pois, tu sais où tu peux te les mettre" ( !). Depuis, il refuse de répondre aux médias.

Une sortie de l'Union européenne, une fermeture des frontières, seraient une catastrophe pour nous

Mais d'autres patrons s'y collent, comme Luc Doublet, le pédégé de la société éponyme, spécialisée dans l'évènementiel. Il ne prend pas position "contre" le FN, mais il rappelle que le Nord-Pas-de-Calais est la deuxième région de France en matière d'investissements étrangers.

"La démocratie s’impose à tout le monde, chacun est respectable, et nous n’avons pas à prendre position. Par contre, nous avons des convictions.",explique Luc Doublet :

"Une sortie de l'Union européenne, une fermeture des frontières, seraient une catastrophe pour nous !", confie un autre patron influent dans le Nord. En Picardie, en revanche, le patronat a une position beaucoup plus ambiguë : "On parle d'économie, pas de politique", explique le président du Medef Picardie à Amiens. Mais il nous livre cette anecdote : le Medef a invité tous les candidats à débattre et il y avait trois fois plus de patrons inscrits pour la rencontre avec Marine le Pen que pour le candidat socialiste.

Les chicons de la colère

Sur le pavé lillois, le collectif "les chicons de la colère" qui organise une résistance nocturne en collant des affiches la nuit partout dans la ville : "Alcooliques, chômeurs, consanguins, mais pas lepénistes", en référence à la fameuse banderole anti chti déployée un soir de grand match. Nina, l’une des membres du collectif, explique, à la table d’un bar de la ville : "Ce n’est pas pour rien que notre région est connue pour son accueil… Avec Le Pen, tout ça c’est terminé."

> Consultez la page Facebook des "Chicons de la colère"

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