« Occupation ! » : c’est devenu le cri de ralliement dans plus de 150 villes aux Etats-Unis. Le mouvement a démarré à Wall Street il y a presque un mois, et s’est étendu depuis partout dans le pays. Les « occupants » sont à la gauche du parti démocrate, et ils représentent la foule de mécontents étranglés par la crise qui, aujourd’hui, demandent des comptes aux banques et aux politiciens.

Fabienne Sintès, en direct de Washington.

Ce mouvement, qui pour l’instant en tout cas à l’air de tenir, c’est quoi ? C’est une révolte ou une révolution ?

C’est une rébellion !

En tout cas un mouvement dont personne ne sait certes s’il a une pérennité, certes éparpillé, certes sans leader, mais sa très grande décentralisation est peut-être sa force puisqu’il permet de rassembler des gens d’horizons assez divers dont le dénominateur commun est le mécontentement face à une situation économique qui épuise littéralement les gens, un mécontentement devant l’inefficacité à leurs yeux des politiques, un mécontentement concentré sur les banques et sur les plus riches… Ces 1% qui détiennent toutes les clefs face aux 99% qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts.

Aujourd’hui, on est très loin des simples héritiers des mouvements altermondialistes, on voit aujourd’hui dans la rue une classe moyenne qui soit, a perdu son travail, soit travaille dur, très dur,

Amy GRAY a un emploi dans une ONG.

SON.

LA cible, c’est donc les banques, exclusivement ?

Les banques, les grandes corporations, les grosses entreprises dont les gens ont le sentiment qu’elles contrôlent la politique de ce pays L’ « Amérique d’en bas » a le sentiment qu’elle a paye les pots cassés… Et ce mouvement, c’est ce que dit Anthony Whitaker, qui est un vétéran, émerge partout, parce que cette prise de conscience est la même partout.

SON.

Et ça ne vous rappelle rien un mouvement qui vient d’en bas, s’organise en communautés avant de grandir ?

Les Tea-party ! On entend beaucoup parler des Tea Party de gauche d’ailleurs…

Le point commun, c’est le même sentiment qu’on ne les écoute pas, que le peuple n’a plus le contrôle ; la différence, c’est que les Tea-Party ont choisi d’entrer en politique, la cible est aussi très différente, les Tea Party ont dirigé leur colère contre Obama et l’état fédéral, les mouvements d’occupation sont focalisés vers la nécessité pour les plus riches de partager le fardeau, mais Obama n’est pas épargné… Joe Haran est consultant, la question, c’était « Pourquoi vous n’êtes pas descendus dans la rue en 2008 ??»

SON.

Et la réponse des politiques, qu’elle est-elle ?

Coté républicain, on a beaucoup entendu parler de Populace … L’un des candidats Herman Cain, a parlé d’anti américains… Les démocrates sont divisés entre ceux qui voient un moyen d’aligner derrière eux le mécontentement, et ceux qui ont peur de se laisser déborder à gauche et donc effrayer les modérés ; peur aussi de voir les mouvements dégénérer, donc, prudence, mais faisons un peu d’histoire pour finir : avec Joseph Mccartin, qui étudie les mouvements sociaux à Georgetown université… Puisque cette crise est la plus grosse depuis les années 30, voici son analyse…

SON.

L’histoire se répète rarement, mais il arrive qu’elle rime…

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