Une famille de refugies syrien sur le bord de mer proche du quartier de Mezitli
Une famille de refugies syrien sur le bord de mer proche du quartier de Mezitli © MaxPPP

Premier épisode d'une série de reportages exceptionnels sur le voyage d'une famille syrienne depuis le sud de la Turquie jusqu'en Europe. Omar Ouahmane, correspondant de France Inter au Liban, l’a suivie pendant 12 jours à travers sept pays.

Notre périple commence dans la gare routière de la ville d'Antakya dans le sud de la Turquie, où nous allons suivre une famille d'Idlib, ville d'une nord ouest de la Syrie. Il y a Maya, la maman, Wassim le papa, ils ont tous les deux 35 ans, ce sont deux ingénieurs, ils voyagent avec leurs 2 enfants : Lotus 3 ans et demi et Mohamed Taim deux ans et demi.

►►►Retrouvez les autres étapes du périple de Maya, Wassim, Lotus et Mohammed Taim sur une carte interactive

On ne peut d’ailleurs pas vivre sous le contrôle des groupes armés. Avant, j’étais ingénieur informatique et je travaillais pour le gouvernement : je suis très travailleur et j’avais de l’avenir dans mon pays ! Mais aujourd’hui il n’y a plus d’avenir en Syrie…

Avant de prendre le bus pour Izmir, une des principales portes d'entrée vers l'Europe, la veille ils ont franchi clandestinement une première frontière celle qui sépare la Syrie de la Turquie. Wassim explique que malgré les risques qu’il a pris pour s’enfuir, il n’avait pas vraiment d’autre choix : "C’était très difficile, raconte-t-il. Mais il fallait partir car en Syrie il n’y a pas un seul endroit en sécurité : il y a les bombardements, les barils d’explosifs. On ne peut d’ailleurs pas vivre sous le contrôle des groupes armés. Avant, j’étais ingénieur informatique et je travaillais pour le gouvernement : je suis très travailleur et j’avais de l’avenir dans mon pays ! Mais aujourd’hui il n’y a plus d’avenir en Syrie…"

Wassim "Il fallait partir....Il n'y a plus d'avenir en Syrie." :

A ses côtés, son épouse Maya peine à dissimuler sur son visage l'angoisse et la peur : "Je suis fatiguée, je n’ai pas dormi depuis hier…Nous avons quitté la Syrie car là-bas c’est la guerre. Je veux pouvoir voir mes enfants jouer. Et la Syrie n’est pas un endroit où les enfants peuvent jouer. Avant, nous avions des rêves dans notre pays. Malheureusement, aujourd’hui, il n’y a plus de Syrie."

Maya "Je veux pouvoir voir mes enfants jouer mais la Syrie n’est pas un endroit où les enfants peuvent jouer":

Ce voyage en bus vers Izmir Omar durera seize heures. 1.350 kilomètres avant d'arriver dans cette cité balnéaire turque qui fait face à la Grèce. A peine arrivé, Wassim va prendre contact avec un passeur recommandé par un membre de sa famille, un réfugié syrien qui nous rappelle immédiatement. D'emblée, le passeur évoque le prix à payer pour la traversée : 1.000 euros pas adulte et 500 par enfant. Soit 3.000 euros pour toute la famille avant de nous demander d'aller nous équiper en gilet de sauvetage et autre pochettes étanches.

Dans le ciel turc, les avions ne bombardent pas

Nous passerons trois jours à l'hôtel car la météo n'était pas bonne. J’en profiterai pour faire connaissance avec cette famille syrienne et notamment les enfants comme ce matin là au petit déjeuner où la Syrie n'est jamais très loin. Un avion passe au loin. La petite fille de trois ans et demie fait remarquer que "ce n’est pas un MIG, ce n’est pas un avion de chasse"…

A peine quatre ans, et elle nous raconte que chez elle les avions "frappent, bombardent", alors qu’ici, "ils ne bombardent pas." :

Entassés à cinquante dans une fourgonnette

Après ce petit déjeuner la famille est remontée dans sa chambre pour les derniers préparatifs. Puis dans la soirée nous avons été transportés vers une plage à une heure de route d'Izmir, nous étions 50 dont 17 enfants entassés dans une fourgonnette. Il est une heure du matin nous arrivons sur une plage de sable où nous attend un bateau pneumatique et quatre passeurs turcs…

"Douze jours dans la peau d'un réfugié" : un reportage inédit à retrouver sur l’antenne de France Inter à partir du lundi 12 octobre :

  • Dulundi12 au jeudi 15 octobre à 7h15 : quatre zooms

  • Vendredi 16 octobre : Making of du reportage

    le journal de 13h de Claire Servajean Un Jour dans le Monde de Nicolas Demorand

  • Dimanche 18 octobre : Interception, reportage dans son intégralité
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