« Cherche baby sitter désespérément ». C'est l'une des préoccupations des parents au moment de la rentrée. Plus de 7 millions d'enfants ont moins de 10 ans en France. Et il faut bien trouver une solution pour les garder le soir après l'école. Rien qu'à Paris, le site de l'ANPE en est saturé. 700 offres d'emploi de gardes d'enfants en attente. C'est plus que l'an dernier à la même époque. Qui va garder Julie, 7 ans, après la classe, aider Théo à faire ses devoirs et ira chercher le petit dernier à la crèche ? Dès le retour des vacances, c'est le casse tête, comme tous les ans, explique Laurence. Cette maman de 3 enfants, habite Boulogne (interview). Pour trouver la perle rare, c'est souvent le régime débrouille. Qu'est-ce qui marche le mieux ? Et bien, c'est le bouche à oreille. Pour trouver une baby-sitter, la moitié des familles passent par leurs relations. 40% ont mis une petite annonce chez le boulanger ou à l'école. Et 19% ont recours à une association. Avec les déductions fiscales de 50%, le marché de la garde d'enfant se professionnalise : des agences se sont engouffrées dans la brèche. Les plus sérieuses, il faut le savoir, possèdent un agrément qualité national. Il est délivré depuis un an par les préfectures. Une centaine d'entreprises privées possède déjà ce label. Mais le gros du marché, ce sont les milliers d'associations ancien modèle. Plus ou moins fiables plus ou moins chères. Laurence Cherifa, 37 ans, nounou à Charenton, près de Paris, en a testé plusieurs. Et des galères elle aussi, elle en a connu (interview). Des sites internet pour trouver une nounou, il s'en crée chaque jour. Sur google, on trouve plus de 2 millions et demi d'occurrences. Parmi les sites les plus en vogue - et ça n'a rien d'exhaustif - au feminin.com, complètement gratuit. Yoopala, qui revendique 110 000 profils d'étudiants, dont 80% en Ile-de-France, ou encore Bébénounou, qui fonctionne sur le mode du particulier à particulier. Le conseil, c'est de faire jouer la concurrence, en sachant que c'est à eux de vérifier les références. Pas de recette miracle pour trouver la/le baby sitter idéal et finalement peu de garanties. Tout ça n'aide pas les parents à vivre leur recherche sereinement. Souvent les familles se sentent livrées à elles-mêmes et ont du mal à le gérer, comme l'explique la psychanalyste Claude Halmos (interview). Mieux encadrer ce type d'emploi de service, c'est l'un des objectifs du gouvernement. Des efforts sont faits pour la petite enfance, pour l'accueil des petits en crèche, chez les assistantes maternelles agréées ou même à domicile grâce aux aides fiscales. Mais que se passe-t-il quand les enfants grandissent ? Comme les familles ne bénéficient plus d'aucune aide spécifique pour faire garder leurs enfants de plus de six ans, elles ne peuvent finalement compter que sur elles-même. Elles s'en sortent parce que la solidarité familiale joue à plein, et avec le recours au travail non déclaré. Mais la question mérite d'être posée aux politiques, explique Marie-Beatrice Levaux, la présidente de la FESP, une fédération qui regroupe 2 millions quatre cent mille particuliers employeurs (interview). A rappeler, que pour payer les baby-sitters et autres nounous, les familles peuvent bénéficier des nouveaux CESU, ces chèques emploi service universel, dont les entreprises peuvent régler une partie. Avec 6 millions de CESU émis fin août, 2 fois plus qu'avant l'été, c'est le succès de la rentrée. Un dossier de Delphine Simon.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.