L’armée libanaise a remporté, il y a 10 jours, la bataille contre les militants du Fatah Al Islam, au nord du pays, dans le camp de Nahr El Bared. Après 15 semaines de combats, ce camp de réfugiés palestiniens est aujourd’hui en ruines. Ses 32 000 habitants ne peuvent même pas retourner chercher quelques effets personnels. Revenir vivre dans le camp de Nahr el Bared n’est pas d’actualité, en tout cas pas dans l’immédiat. Plus de 800 000 mètres cube de gravats doivent être triés et évacués avant d’envisager tout travaux de reconstruction. Des démineurs sont à l’œuvre pour détruire les munitions non-explosées disséminées dans un camp qui n’est plus qu’un champ de ruines. L’UNWRA, l’office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, estime qu’un retour partiel des réfugiés pourra débuter dans les six mois. Quelques centaines de maisons sont en effet intactes au nord du camp. Mais pour la grande majorité des réfugiés, il faudra trouver des solutions de relogement provisoire. Hoda El Turk est la porte parole de l’UNWRA (interview). Depuis bientôt quatre mois, 32 000 palestiniens sont donc devenus des réfugiés chez les réfugiés. Ils sont dispersés dans plusieurs camps palestiniens et s’entassent dans des écoles qu’il faudra libérer à la fin du mois pour la rentrée scolaire. Plus de 12 000 d’entre eux sont venus s’abriter dans le camp de Baddaoui, déjà surpeuplé. Virginia de la Guardia travaille pour le Comité International de la Croix Rouge (interview). Deux écoles en préfabriqué vont être construites dans le but d’accueillir les écoliers de Nahr El Bared. Les enfants représentent plus d’un tiers de ces réfugiés. L’UNICEF a mis en place un programme d’urgence pour soutenir cette population fragilisée par les combats. Explication avec Nasser qui dirige une équipe d’animateurs dans le camp de Baddaoui (interview). Le gouvernement libanais vient d’évaluer à plus de 280 millions d’euros les fonds nécessaires à la fois pour reloger provisoirement les réfugiés et reconstruire le camp de Nahr El Bared. Le fond spécial de la banque mondiale et les pays donateurs sont sollicités pour réunir cette somme. Concernant la souveraineté de l’Etat Libanais dans les camps palestiniens, depuis 38 ans, ce sont les factions palestiniennes qui sont chargées d’assurer sécurité et ordre dans les camps. Et cela va changer en l’occurrence à Narh El Bared. C’est ce que souligne Neyla Moawad, ministre du gouvernement libanais (interview). Pour le moment, seul le camp de Nahr el Bared est concerné. Il y a au Liban onze autres camps de réfugiés. Un dossier de Christophe Lurie, correspondant permanent à Beyrouth au Liban.

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