Depuis la campagne du Brexit, certains Britanniques ont moins de scrupules à montrer leur animosité envers les immigrants, accusés de tous les maux économiques du pays.

Frontière britannique à l'aéroport d'Heathrow (Londres)
Frontière britannique à l'aéroport d'Heathrow (Londres) © Reuters / Neil Hall

Reportage à Harlow, à 50 kilomètres au nord de Londres. Ici, ce sont surtout les immigrés d’Europe de l’Est et les Polonais qui sont visés.

Le 27 août dernier, un ouvrier polonais de 40 ans a recu un coup de poing, sa tête a heurté le sol... Il est mort a l’hôpital. Depuis, deux autres Polonais ont été agressés. La police a arrêté puis relâché des adolescents. Cette violence était idiote, répètent les clients à la sortie du pub... Mais certains le disent ouvertement : s’il y a eu un problème, c’est parce qu’il y a trop d’immigrés.

Harlow, à 50 kilomètres au nord de Londres : les habitants ont voté a 68% pour le Brexit.
Harlow, à 50 kilomètres au nord de Londres : les habitants ont voté a 68% pour le Brexit. © Radio France / Antoine Giniaux

Et ce n’est pas un discours isolé. Ici, 68% des habitants ont voté en juin pour quitter l’Union européenne. Alors même s’il y a eu une marche, un hommage, des fleurs, des discours... Après les agressions, rien n’est plus pareil.

Une montée en puissance dans tout le pays

Dans tout le Royaume-Uni, on compte près de 40% d’augmentation du nombre de crimes de haine par rapport à l’an dernier, selon les chiffres de la police. Et ce, sans compter les provocations xénophobes.

Ce changement en profondeur, il est aussi lié au discours tenu par Ukip, par l’extrême-droite, relayé par les médias, pour Dagmar Mislynska, juriste, et maître de conférences à la London school of economics.

Après le référendum, il y eu une sorte d’attitude générale, c’est devenu plus acceptable de faire des déclarations de haine. Beaucoup de gens ne comprennent pas ce que c’est que le Brexit, et ils pensent que ces migrants n’ont -légalement- plus le droit d’être ici.

A Harlow, trois Polonais ont été agressés ces trois dernières semaines, l’un d’entre eux est mort. La police parle d’une agression "potentiellement xénophobe"
A Harlow, trois Polonais ont été agressés ces trois dernières semaines, l’un d’entre eux est mort. La police parle d’une agression "potentiellement xénophobe" © Radio France / Antoine Giniaux

Et c’est sur le terrain de la légalité, que les Polonais veulent justement se battre. Des représentants du gouvernement de Varsovie sont venus il y a quelques jours rencontrer Boris Johnson, ministre des Affaires étrangères. Pour lancer plusieurs chantiers, notamment pour faire mieux connaître la culture polonaise, et améliorer la sécurité.

La police polonaise va même envoyer des hommes, pour aider la police britannique à créer plus de liens avec la communauté polonaise. L’ambassadeur, en parallèle, commence cette semaine une grande tournée à travers le pays, en commençant par Birmingham.

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