En 2001, alors candidate pour les Jeux Olympiques, la Chine s'était engagée à progresser sur les droits de l'Homme. Mais à moins d'un an des JO de Pékin, les associations dénoncent toujours des droits citoyens bafoués. Amnesty International, notamment, vient de lancer une nouvelle campagne pour alerter l'opinion mondiale. Pour ces associations, l'esprit olympique n'est pas compatible avec le régime chinois. Ces associations se basent sur une phrase d'un officiel chinois. C'était en 2001, quand Pékin a été choisie par le CIO, le comité olympique : "En confiant à Pékin, l'organisation des Jeux, vous contribuerez au développement des Droits de l'Homme". Voilà, c'était il y a plus de 6 ans, et aujourd'hui, ce ne sont que des promesses non tenues, affirme Amnesty International, qui dénonce une répression accrue contre les dissidents. Le nombre d'assignation à résidence est en hausse. Les avocats sont particulièrement surveillés. Il y a quelques semaines à Pékin, nous avons rencontré l'un d'eux. Il veut témoigner, mais anonymement, car il se sent menacé (interview). Devant ces critiques, les autorités chinoises disent que des progrès ont déjà été accomplis, que la Chine avance sur ce point. D'ailleurs, une journée du droit a été instaurée récemment. Une centaine de personnes a pu manifester début décembre pour réclamer la justice, dénoncer les brutalités policières, les réquisitions de terres ou les expulsions. D'ailleurs, à ce sujet, à Pékin, chaque mois, 13 000 personnes sont délogées dans le cadre des préparatifs des Jeux. Donc, cette manifestation a eu lieu comme l'a autorisé le gouvernement. Mais les meneurs du mouvement auraient été emprisonnés. Des manifestations sont autorisées, ce sont, au mieux, des concessions, expliquent les ONG, qui donnent un autre exemple, sur les exécutions. Au début de l'année, une cour populaire suprême a été créée pour valider ces décisions, une sorte de cour d'appel qui réexamine les cas. Le nombre d'exécutions aurait diminué de 10%, selon les autorités chinoises. Les associations, elles, ont de sérieux doutes sur ces chiffres. Pour Valérie MONTAL BETTI, coordinatrice Asie pour Amnesty, il ne faut voir là que de la stratégie (interview). Le grand défi pour le gouvernement chinois c'est de réussir des JO parfaits. C'est parce que l'enjeu est énorme pour le PC Chinois que la sinologue Marie Holzman est persuadée qu'il n'y aura pas de remous pendant ces JO (interview). Pas ou peu de bévue, mais 20 000 journalistes couvriront les Jeux. C'est l'espoir de beaucoup d'opposants, qu'ils soient en Chine ou qu'ils aient fui le pays. C'est le cas de WANG LONGMEN. Il a pris part aux manifestations de TIEN AN MEN en 89. L'année suivante, il arrivait en France. Pour lui, ces JO et cette couverture médiatique sont une occasion immanquable (interview). Sur la présence de journalistes étrangers, le gouvernement chinois a là aussi lâché un peu de lest. Depuis le début de l'année, on peut interroger des dissidents assignés à résidence, sans l'accord préalable des autorités. Mais parfois, c'est le traducteur qui n'est pas autorisé à entrer. Problème de papier, d'autorisation, donc interview impossible. Parfois, l'interview peut se dérouler normalement, tout dépend du contexte, mais cette mesure exceptionnelle prendra fin 2 mois après les jeux. Un dossier de Vanessa Descouraux.

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