Un reportage signé Eric Valmir, correspondant permanent à Rome, en Italie Silvio Berlusconi engage la confiance de son gouvernement devant le Parlement et le Sénat demain. Ce matin, il prononcera un discours devant les deux chambres. A l’origine de cette crise, la désaffection de son ancien allié Gianfranco Fini. En quittant le parti berlusconien, Gianfranco Fini a emmené avec lui 42 députés. La majorité gouvernementale n’existe plus, numériquement parlant, à la Chambre. La gauche a multiplié les appels à la démission. Extrait des appels du parti de gauche La dernière fois, c'était samedi dernier avec une forte mobilisation dans les rues de Rome. Les manifestants crient leur honte de voir Silvio Berlusconi acheter les députés indécis. Une enquête du Parquet de Rome est en cours au Parlement pour savoir si les irrégularités relèvent du scandale politique ou du délit pénal. Et tous les leaders de l’opposition, à gauche comme au centre sont persuadés que Silvio Berlusconi tombera demain. Silvio Berlusconi, lui, est persuadé du contraire. Ecoutez le message audio qu’il a envoyé à tous ces militants. Message de Silvio Berlusconi "Je suis convaincu que le gouvernement obtiendra une confiance renouvelée" : pourtant, Silvio Berlusconi paie les effets de la crise sociale, les scandales à répétition, mais pas seulement. Sa politique étrangère est aussi mise en cause. Le gouvernement perçu comme un comité d’affaires qui utilise les ressources publiques pour mener son business, dénonciation de l’ancien juge Antonio di Pietro, aujourd’hui un des leaders de l’opposition. Interview d'Antonio di Pietro Et les Italiens suivent ce feuilleton parlementaire en tant que spectateurs. Maura a toujours voté Berlusconi. Témoignage de Maura Les débats se radicalisent à l’approche du vote. La tension grimpe d’un cran. Silvio Berlusconi n’est plus le leader charismatique qu’il a été. Ce constat est unanime chez les observateurs de la scène politique. Interview de Sergio Romano, historien politologue C’est donc l’anomalie italienne... En général, un exécutif en crise donne de facto du crédit à l’opposition qui représente une alternative. En Italie, Berlusconi s’est affaibli, mais la gauche aussi. Et le vote de demain s’annonce déterminant. Si Berlusconi obtient la majorité, il réclamera des élections avec l’espoir de renforcer ses positions. Si la Chambre le rejette, il perd la main et ce sera au Président de la République de décider la suite des évènements, vraisemblablement la composition d’un gouvernement institutionnel… sans lui.

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