L'ukraine corrompue par Yann Gallic :

viktor ianoukovitch se dit ouvert au dialogue en ukraine
viktor ianoukovitch se dit ouvert au dialogue en ukraine © reuters

Depuis 3 semaines, un vent de révolte souffle sur l’Ukraine où l’opposition pro-européenne réclame toujours la démission du président Viktor Ianoukovitch accusé de vouloir « vendre » le pays à la Russie.

La plupart des Ukrainiens qui sont descendus dans la rue veulent se rapprocher de l’Europe. Mais ils dénoncent surtout la corruption et le népotisme qui gangrènent leur pays.

En matière de lutte contre la corruption, l’Ukraine occupe la 144ème place dans le classement mondial établi par l’ONG Transparency International. C’est l’un des pays les plus corrompus au monde. Un fléau qui freine le développement économique et qui coûte cher aux entreprises.

A Kiev, Dimitri Derevianko dirige la filiale d’une société française dont nous tairons le nom. Pour importer sa marchandise, il doit passer la barrière des douanes avec les habituels pots de vin. Ce qui représente chaque mois entre 5 et 10% de son chiffre d’affaire.

«Honte, Honte », c’est un slogan repris en coeur par les manifestants ces dernières semaines. La honte face à un gouvernement accusé d’être largement corrompu.

Et le phénomène s’est encore aggravé depuis l’élection de Viktor Ianoukovitch en 2010. Le président ukrainien et ses proches se sont peu à peu accaparés tous les pouvoirs : politique, judiciaire et économique. Surnommé ici « la famille », le clan Ianoukovitch incarne les dérives du système oligarchique selon Andrei Maroussov. C’est le responsable de l’ONG Transparency International à Kiev.

Difficile de se lancer dans les affaires lorsque l’on n’a aucun lien avec le pouvoir. Comme Oleg Baklajov. C’est un jeune entrepreneur. Il vient de monter sa propre société dans le secteur de la publicité.

En Ukraine, la corruption fait partie du quotidien. Elle touche toutes les sphères de la société.

La corruption est monnaie courante dans la police, la justice, les universités ou les hôpitaux. Etudiante en droit, Olga en a fait l’amère expérience lorsqu’il a fallu soigner son père atteint d’un cancer. La famille a du puiser dans ses économies pour payer les nombreux bakchichs.

Comme la plupart des Ukrainiens qui manifestent jour et nuit sur la place de l’Indépendance à Kiev, Olga espère aujourd’hui un changement politique radical pour se débarrasser... dit-elle... de tous ces mafieux qui dirigent le pays.

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