Après quatre mois de combats à Mossoul, en Irak, la vie reprend dans les quartiers est de Mossoul récemment libérés.

Dans les quartiers libérés de Mossoul, la vie se réorganise progressivement, les enfants retournent même à l'école, après deux ans enfermés chez eux
Dans les quartiers libérés de Mossoul, la vie se réorganise progressivement, les enfants retournent même à l'école, après deux ans enfermés chez eux © Maxppp / Christophe Petit Tesson

Mossoul est aujourd’hui une ville coupée en deux. A l’ouest les quartiers toujours contrôlés par le groupe État islamique et à l’est ceux libérés par l’armée irakienne et ses alliés. Dans ces quartiers est, les habitants, soulagés par le départ des djihadistes, vivent au milieu des ruines comme ici dans le quartier de Hay Mouthana où Youssef est resté durant les combats.

On a perdu tous nos biens, qui va nous dédommager ?

- Youssef

Cette question revient souvent dans ces quartiers, libérés dans la souffrance et aux prix d’énormes destructions. Des dizaines de milliers d’habitants sont désormais privés d’électricité et d’eau potable. Maher a creusé un puits dans son jardin. Avec sa famille, il utilise cette eau pour tout, même si cela nuit à sa santé : "L'eau est sale, nos enfants sont malades, ils ont la diarrhée mais il n'y a pas d'autre solution."

Au milieu de ce chaos, les enfants de Mossoul font leur retour à l’école

Durant l’occupation par l'EI, de nombreuses écoles de Mossoul avaient fermé leurs portes, faute de professeurs,. D’autres étaient dans l’obligation d’enseigner le maniement des armes ou encore la fabrication d’engins explosifs. Du coup de nombreux parents, comme Amina, ont préféré garder leurs enfants à la maison.

Des enfants souvent traumatisés et en retard sur le programme scolaire. Warda, directrice d’une école du quartier Zouhour, déplore le niveau faible et le retard accumulé : "Tous ces enfants ont vécu dans la peur, on doit tout reprendre à zéro."

Cigarettes, produits de beauté... Les habitants de Mossoul retrouvent quelques plaisirs prohibés

La libération de Mossoul, c'est aussi le retour de certains plaisirs prohibés, comme la cigarette ou les produits de beauté. Hassan possède une boutique dans le quartier Tamim où sa clientèle féminine est de retour, "plus nombreuse qu'avant".

Mais tous les habitants de Mossoul ne comptent pas rentrer chez eux et notamment les chrétiens ; ils étaient près de 50 000 avant l’arrivée de l'EI en juin 2014, qui les a tous expulsé. Imad Faraj est revenu dans son quartier de Hay Soukar voir l’état de sa maison après deux ans et demi d’absence.

De nombreux habitants de Mossoul, chrétiens mais également musulmans ne font plus confiance dans l’armée irakiennes pour les protéger. Devant des maisons pillées, saccagées, habitées par une famille de l'EI puis par des déplacés avant leur retour, ils estiment que leur place "n'est plus ici".

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