Un projet de loi pour moderniser l'agriculture est présenté ce matin en conseil des ministres. Et vous vous souvenez peut-être de ce témoignage bouleversant sur l'antenne de France Inter, c'était le 17 décembre dernier, un producteur du Vaucluse avait appelé le standard pour interpeler le ministre Bruno Le Maire, notre invité ce matin-là (extrait). 20 ans maintenant qu'il travaille la terre près d'Avignon. Pierre a 57 ans, et plusieurs vies. L'école chez les jésuites d'abord, le diplôme en arboriculture, son entreprise de transports de fruits, et puis aujourd'hui donc les vergers. C'est un homme mince, le visage tanné, le regard doux... Nous sommes en route pour son exploitation (interview). Parce que ça s'entretient les vergers : tailler, traiter, cueillir… Pierre compte 80 000 euros par an au moins. Dehors, un tapis de neige a tout recouvert (interview). Alors il y a bien sûr les marges de la grande distribution, les intermédiaires qui se servent au passage, la concurrence des pays étrangers, mais il n'y a pas que ça. S'ils vendent à perte, c'est à cause de l'anarchie des prix, c'est ce que nous dit Pierre en tous cas. Il faut, dit-il, une volonté politique pour réguler le marché (interview). Ceux qui s'accrochent ont des combines, obligé : lui, il vend des toitures en photovoltaïque pour le compte d'un ami... ça ne suffit pas toujours : ses beaux-frères par exemple, producteurs de cerise et de raisins, s'endettent depuis 3 ans, pas pour investir, non, juste pour manger. Dans un coin du verger, quelques pommes pourries traînent dans la neige (interview). Ce sont aussi des larmes de rage, de frustration... Lui qui aurait voulu comme tous les paysans transmettre à son fils, aujourd'hui vendeur de fruits à Paris. Sa femme, Claire, assistante sociale, est une enfant du pays, une fille d'agriculteur... qui a du mal à trouver les mots (interview). ___ Un reportage d’Hélène Roussel.

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