Un reportage signé Bertrand Gallicher La loi sur les médias en Hongrie est-elle liberticide ? Au moment où ce pays prend la présidence de l'Union européenne, c'est la crainte exprimée par des journalistes et des défenseurs des libertés publiques en Hongrie et ailleurs en Europe. Le gouvernement de droite de Viktor Orban (élu au printemps dernier) a mis en place un conseil des médias qui peut imposer des sanctions financières très lourdes aux médias qui ne fourniraient pas une information dite "équilibrée". Cette semaine, la Commission européenne a exprimé des doutes à l'égard de cette loi, qui fait aussi référence à la morale publique, et dont on se demande si elle respecte les règles communautaires. C'est, bien sûr, un débat très politique, mis en lumière par cette présidence hongroise de l'Union européenne. En fait, le gouvernement de Viktor Orban ne s'attendait pas à ce que la contestation de la loi sur les médias trouve un tel écho en Europe. Au point que l'autorité des médias a décidé hier soir de calmer le jeu et d'abandonner une enquête ouverte contre une radio privée qui avait diffusé une chanson du rappeur américain Ice-T, susceptible selon la loi de choquer les mineurs. Cette loi suscite aussi des gestes de protestation préventifs. Ainsi, le 21 décembre dernier, le présentateur de la tranche matinale de la radio publique hongroise MR1, Attila Mong, a choisi d'observer une minute de silence en direct à l'antenne. Cette initiative lui a valu une mise à pied mais le journaliste ne regrette rien. Interviw Attila Mong Des amendes très lourdes puisqu'elles peuvent frôler les 730.000 euros pour les télévisions en cas d'atteinte à l'intérêt public, à l'ordre public ou à la morale. Cela ressemble beaucoup à une épée de Damoclès qui peut en théorie s'abattre à tout moment. Les 5 membres du conseil des médias ont donc les coudées franches. Pami eux, Andrach Koltay, un jeune juriste et professeur d'université de 33 ans, nommé comme les autres pour une longue durée : 9 ans renouvelables. Il affirme ne pas comprendre les réactions outrées en Hongrie et à l'étranger autour de la nouvelle loi sur la presse. Interview d'Andrach Koltay - Officiellement, ce Conseil des médias est indépendant du gouvernement. Qu'en est-il exactement ? On a effectivement un peu de mal à comprendre comment ce conseil des médias où siègent des proches du parti de Viktor Orban (le Fidesz) peuvent vraiment être considérés comme indépendants. J'ai posé la question à la porte-parole du gouvernement Anna Nagy. Ecoutez sa réponse. Interview d'Anna Nagy Des arguments un peu courts, selon Tamas Zigeti, de l'Union pour les libertés civiles, une association de défense des droits. Ce juriste, qui a décortiqué la loi, dénonce des atteintes à la protection des sources des journalistes et surtout une loi beaucoup trop générale et un concept dangereux. Interview de Tamas Zigeti Demain en fin d'après-midi, les opposants à la loi sur les médias manifesteront à Budapest sur les bords du Danube devant le parlement hongrois.

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