Des familles pauvres hébergées aux urgences de l'hôpital : le phénomène n'est pas nouveau mais il prend de l'ampleur en région parisienne. Un reportage de Yann Gallic

Les associations d'aide aux sans-abri sont victimes des restrictions budgétaires imposées par le gouvernement. Faute de moyens, le Samu Social de Paris renvoie désormais les plus démunis vers les hôpitaux pour y passer la nuit. Le Samu Social, financé à 92% par l'Etat, a perdu un quart de son budget pour l'hébergement d'urgence. Du coup, il ne peut plus offrir des nuits d'hôtel à toutes les familles qui font appel au 115.

L'association s'est également vu imposer des quotas. Les directives du gouvernement sont claires: avant la fin de l'année, il faudra réduire le nombre de prises en charge alors qu'il y a de plus en plus de SDF. Le Samu Social vient de fermer son unique centre d'accueil réservé aux femmes. Sachant qu'il manque déjà près de 13 000 places d'hébergement en Ile-de-France. Conséquence: aujourd'hui, le Samu Social n'arrive plus à faire face. Chaque soir, il est obligé de laisser une 60-aine de personnes à la rue.

Yann Gallic a rencontré Saïda. Elle fait partie de ces sans abri qui ont trouvé refuge à l'hôpital.

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Française d'origine tunisienne, Saïda est une petite dame de 60 ans... Elle a perdu son travail à cause d'une longue maladie. Sans logement depuis fin octobre, elle a passé tout l'hiver aux urgences de l'hôpital Tenon dans le 20ème arrondissement de Paris.

Aujourd'hui, la plupart des grands hôpitaux parisiens sont confrontés à ce genre de situation.

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Exemple à l'hôpital Robert Debré. Depuis 2 mois, le service des urgences pédiatriques voit débarquer presque tous les soirs des familles désemparées à la recherche d'un toit pour passer la nuit. Il s'agit souvent d'étrangers sans papiers, installés en France depuis plusieurs mois voire plusieurs années. Ici, on croise surtout des femmes seules avec des enfants en bas âge. Une situation difficile à gérer. Avec un service qui enregistre plus de 70 000 visites par an, le personnel est déjà accaparé par ses tâches quotidiennes. Pour Jean-Christophe Mercier, le chef des urgences pédiatriques, c'est un peu la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Car l'hôpital n'a pas vocation à héberger des sans abri...

Sans-abri...
Sans-abri... © Tomas Castelazo
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