La Côte d’Albâtre, 130 kilomètres de falaises qui tombent à pic dans la Manche et, au pied de ces falaises, au moins une trentaine de décharges sauvages à ciel ouvert. Reportage à Dollemard, un quartier périphérique du Havre.

La décharge de Dollemard
La décharge de Dollemard © Radio France / Thibault Lefèvre

Pour atteindre la décharge de Dollemard, il faut descendre un escalier de près de 500 marches pour arriver au pied d'une falaise d'une centaine de mètres. Il y a ensuite une demi-heure à pied dans les galets pour arriver au milieu de milliers de déchets industriels.

Entre 1962 et 2000, des dizaines d'entreprises ont déposé des gravats, du caoutchouc, du béton armé, des plastiques ou des pneus. Ils sont aujourd'hui incrustés dans la paroi de la falaise et à chaque marée ou tempête, ces déchets sont régulièrement recrachés à la mer. Gwen Couperi est chargé de mission pour l'association Aquacaux, une association de réinsertion qui contribue depuis vingt ans au nettoyage de la décharge :     

Annie Leroy est la vice-présidente de l'association Ecologie pour Le Havre. Depuis plusieurs années, elle fait pression sur les pouvoirs publics pour faire disparaître la décharge. 

En 2011, la mairie a lancé une première étude pour évaluer la structure de la décharge et envisager des solutions. Résultat : Dollemard contient 10 % de plastique et une majorité de déchets de chantier et, selon cette étude, son éradication coûterait entre 17,5 et 21 millions d'euros. Cette année, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, est intervenu pour demander le financement, par l'Ademe notamment, d'une nouvelle étude. Elle génère beaucoup d'attente à la mairie du Havre. Marc Migraine est adjoint au maire en charge de la nature :   

Le problème dépasse largement la décharge de Dollemard. Il y aurait au moins 10 000 décharges sauvages en France, dont une trentaine qui déverseraient des déchets dans la nature. C'est le décompte de l'association Robin des bois et de son porte-parole Jacky Bonnemain : 

C'est problématique dans ces petits fleuves côtiers qui sont très éruptifs. C'est problématique dans le milieu dunaire, comme sur l'île d'Oléron, où la décharge de Saint-Trojan a été rouverte par la vague de submersion Xynthia. On veut qu'il y ait un inventaire.

Et quand on demande à Jacky Bonnemain le coût total de l'éradication de ces décharges, il l'évalue à 10 milliards d'euros au minimum, une somme qui pourrait être planifiée sur plusieurs années.

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