Depuis plus d'un mois, les incidents visant les bus notamment se multiplient en banlieue parisienne. Des caillassages, des agressions de chauffeurs... La situation s'est surtout dégradée après une opération de police dans la "cité des grands ensemble" à Tremblay-en-France. C'était le 31 mars. Un million d'euros saisis. Une opération quelques heures avant la diffusion d'un reportage de TF1 qui portait justement sur un trafic de drogue à Tremblay. "Mon voisin est un dealer", c'était le titre d'un sujet. "Voyeuriste et racoleur" d'après le maire de la commune qui a annoncé avoir porté plainte contre la chaine privé pour préjudice à l'image de sa ville. Nous sommes donc retournés à Tremblay voir les conducteurs de bus. Rendez-vous près de la gare RER, tout près de la "cité des grands ensemble." Il est un peu plus de 15 heures. Je demande aux chauffeurs comment se sont déroulés ces caillassages. A quelques mètres, un véhicule ralentit (interview). Ambiance toujours tendue on l’entend. Le ministère de l'intérieur a pourtant réagi vite, avec l'envoi de forces de l'ordre sur place. Le ministère a même - suréagi- pourrait-on dire. Avec par exemple l'envoi de 80 policiers pour escorter les bus. Ecoutez ce qu'en pense Claudette. Ca fait 50 ans qu'elle habite le quartier. Presque autant de temps qu'elle prend le bus (interview). Même constat chez les chauffeurs de bus qui ont très vite demandé le retrait de ces escortes policières. Omar Ait Mouhoub conducteur depuis 10 ans s'en explique (interview). Ce préfet c'est Christian Lambert. Grand flic, respecté en effet, mais dont les méthodes sont un peu redoutées. Par les déliquants sûrement, mais pas seulement (interview). En fait, les habitants se sentent stygmatisés. Le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux le dit lui même. "Nous allons faire de Tremblay un exemple". Un exemple en matière de sécurité. Il y a pourtant d'autres réponses à apporter. C'est ce qu'on voulu dire, grâce à l'équipe du thêatre Aragon de Tremblay en France, des artistes, des enseignants et des jeunes de Tremblay en France que j'ai rencontrés au collège Descartes, dans le quartier des grands ensembles, pour sensibiliser à la lutte contre la violence. Ici, pas de policiers, mais des ateliers autour de la culture urbaine (interview). Tremblay. Une île, un peu comme un monde éloigné qu'on regarderait de loin sauf quand les bus sont caillassées. Quand les voitures brûlent ou quand les trafics de drogue passent en prime time à la télé. Hier, ce sont les maires de plusieurs communes de Seine-Saint-Denis, dont le maire de Tremblay, qui sont montés au créneau. Ils demandent dans un communiqué "à l'état d'assurer ses missions de service public et aux médias de ne pas dégrader l'image de leurs communes en les présentant comme des villes en état de siège". Fin de citation. _____ Un reportage de Nasser Madji.

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