L'Estadio Nacional de Brasilia, deuxième plus grand de la Coupe du monde 2014
L'Estadio Nacional de Brasilia, deuxième plus grand de la Coupe du monde 2014 © Radio France

La Coupe du monde de football, c'est dans un mois ! Si les footballeurs français s'y préparent, les investisseurs français, eux, ont déjà entamé leur match. Ils sont en quête de la moindre opportunité de marquer des points avec le Brésil.

Pour le Brésil, c'est une opportunité économique toute relative : l'agence Moody's estime que l'impact sera minime (+0,4% du PIB). En revanche, de nombreuses entreprises françaises profitent, elles, des grands évènements sportifs à venir (Mondial et JO) et plus généralement de la croissance du pays prévue à 4% par an dans les prochaines années. En 2012, la France était le cinquième investisseur au Brésil, et son dixième fournisseur.

Premier bénéficiaire : Air France, qui a ouvert la première ligne entre Paris et Brasilia, la capitale brésilienne. Depuis fin mars, des Boeing 777 effectuent trois allers-retours par semaine. Une façon de renforcer la présence historique d’Air France au Brésil. Le groupe y est deuxième en part de marché.

La compagnie tricolore souhaitait faire atterrir son A380 tout neuf à San Paolo pendant le Mondial. Raté, la piste d’atterrissage n’est pas adaptée. La Coupe du monde de football servira donc surtout à remplir les avions, au moins dans un sens. Avec de jolis contrats : 7 milliards en tout pour le Mondial, 12 pour les JO de 2016.

Les infrastructures, gros enjeu au Brésil

L'entreprise familiale rhônalpine Serge Ferrari va aussi en profiter. Elle fabrique des matériaux composites souples et légers, pour les toitures de trois stades du mondial. L’entreprise a installé cinq de ses 580 salariés sur place, au Brésil.Et si elle gagne seulement 1% de son chiffre d’affaires grâce au Mondial, il lui sert de tête de pont pour d'autres infrastructures.

Car les infrastructures, c’est l'un des enjeux majeurs au Brésil. Le pays en manque encore beaucoup avec sa classe moyenne en pleine expansion : un habitant sur deux aujourd'hui. Sur ce créneau, on retrouve aussi une entreprise française comme Alstom. Elle arbore le pavillon tricolore mais emploie 5 000 personnes au Brésil.

Pour Philippe Delleur, directeur international d’Alstom, les évènements sportifs donnent un sacré coup de pouce. Sur 20 milliards de commande annuelles pour Alstom, un milliard vient du Brésil.

Même si le ciel se voile au Brésil (croissance moins rapide, monnaie fluctuante, grogne sociale), le nombre de voitures produites sur place, par exemple, grimpe de 10% par an. Renault-Nissan vient d’inaugurer une usine. Les entreprises françaises vont donc encore se battre pour une place au soleil.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.