Municipales. Autre point chaud du second tour ce matin : Marseille ! La Mairie de la cité phocéenne va se jouer dimanche dans 3 secteurs de la ville, à quelques dizaines de voix. Deux candidats sont au coude à coude : le sénateur-maire sortant UMP Jean-Claude Gaudin et le socialiste Jean-Noël Guérini, sénateur et président du Conseil général - une élection municipale très serrée. Les dessous de la campagne sont très durs, apparemment tous les coups sont permis (interview Patrick Menucci + interview Bruno Gilles) Patrick Menucci et Bruno Gilles ne sont pas n'importe qui. Il s'agit pour le premier de la tête de liste du PS dans le premier secteur. Patrick Menucci s'en prend très durement à Renaud Muselier, premier adjoint à l'actuelle mairie de Marseille et ancien ministre. Le second homme, Bruno Gilles, est l'actuel maire UMP du 3ème secteur. Deux hommes politiques responsables et « clé » dans l'élection en cours, qui, visiblement, ne pratiquent pas la langue de bois. En tout cas, la confiance entre les deux camps est telle que chacun a prévu dans les 167 bureaux de votes des 3 secteurs décisifs d'installer des équipes de surveillances spécifiques. Le responsable de la sécurité pour l'UMP raconte ce qu'ils mettent en place (interview). Son homologue au PS mettra en oeuvre un dispositif du même ordre. Des pratiques surprenantes pour une élection municipale, même si c'est la deuxième ville de France qui est en jeu. Au-delà de l'enjeu politique symbolique, ce qu'il faut bien mesurer, c'est l'enjeu financier. Marseille sera la ville de France où on va le plus construire dans les 10 ans à venir. En superficie, elle représente 2 fois Paris intra muros. Il y a énormément de friches industrielles, de terrains à bâtir et 15 kilomètres de façades maritimes vierges, si on décide de basculer la totalité du port industriel sur Fos. Un des hommes les plus influents aujourd'hui sur le plan économique, ici, est René Nostriano, le président de la fédération du BTP, qui pèse 50 000 emplois, en crée 6000 par an. Ses prévisions de croissance dans ce secteur donnent le tournis (interview). 15 milliard d'euros d'investissements par an, c'est considérable et bien sûr, c'est la mairie qui jouera un rôle prépondérant dans ce développement. Du point de vue de la donne politique, le Modem fait 6% des voix dans les 3 secteurs déterminants. Il a fusionné avec le PS mais ça ne veut pas dire, dans ces secteurs où la droite est sortante, que son électorat, plutôt de droite, suivra cette consigne de vote. Ce qui est plus intéressant, en revanche, c'est le report de voix de l'extrême gauche qui a réalisé exactement les mêmes scores. L'extrême gauche ne s'est pas ralliée au PS. Mais on imagine mal son électorat aller à la pêche dimanche. Un reportage d'Olivier Martocq en direct de Marseille.

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