Les marins-pêcheurs sont toujours inquiets, même si le gouvernement a annoncé des mesures pour compenser la flambée des prix du gazole, après leur grève la semaine dernière. Le ministre de l'agriculture et de la pêche, Michel Barnier, s'est donné 3 mois pour trouver une solution à l'une des plus graves crises de la profession depuis 10 ans. Delphine Simon a rencontré des marins-pêcheurs au Guilvinec en Bretagne. Le pétrole est au plus haut. Et c'est pour les petits bateaux que la facture est la plus lourde. Tout le monde souffre, le patron pêcheur aussi. Pascal a 42 ans. Patron d'un chalutier sur le port du Guilvinec, il est en mer depuis l'âge de 16 ans. Aujourd'hui, dit-il, il travaille plus pour gagner moins (interview). Le salaire d'un pêcheur varie d'un bateau à l'autre. Prenons un matelot, par exemple, catégorie la plus durement touchée. Son salaire peut varier entre 0 et 2 500 euros par mois. Les pêcheurs sont payés à la part. Au retour d'une marée, le produit de la vente est divisé entre les membres d'équipage. Souvent le patron a droit à 2 parts, les matelots à une seule. Mais tout le monde participe aux frais : glace, frais de criée ou taxe. La principale charge, bien sûr, c'est le gazole, dont le prix n'arrête pas de grimper. Les fins de mois difficiles, Jean-Luc Blaise, matelot à Loctudy, connait bien. Comme beaucoup d'autres, il était venu crier sa colère la semaine dernière avec sa femme devant la criée du Guilvinec (interview). Le problème c'est qu'il est impossible aux pêcheurs de répercuter la hausse du carburant. Le poisson est vendu aux enchères à la criée. Le prix est fixé en fonction des apports par les mareyeurs et les grossistes, des professions qui se sont beaucoup concentrées au fil des années. La grande distribution aussi a sa part de responsabilité. Christine, épouse de pêcheur, dénonce ce qu'elle appelle des aberrations (interview). Déjà en 2004, le gouvernement français avait été obligé de mettre en place un fond de prévention pour permettre aux pêcheurs de payer le carburant moins cher. Ce fond abondé par l'Etat a été considéré comme une aide illégale par Bruxelles, il a été supprimé le premier janvier 2007. Reste à savoir si les mesures d'aide annoncées par le gouvernement français la semaine dernière suivront le même chemin. La commission européenne a déjà averti qu'elles ne seront pas conformes aux règles communautaires. Un dossier de Delphine Simon.

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