200 enfants par an seraient victimes du syndrome du bébé secoué, un chiffre sous évalué. Et c'est pour mieux reconnaître des cas souvent mal identifiés que se tient demain à Lyon une audition publique, autrement dit, une journée de débats. L'objectif d'une audition publique est de réaliser un état des lieux des connaissances pour améliorer la pratique. A Rennes, dans le service de pédiatrie du Pr Michel Roussey, il y avait récemment 4 cas de bébés secoués, des nourrissons de quelques mois. A la réunion de service, c'est souvent le même récit (extrait de la réunion). Patrice, c'est le pédopsychiatre. Comme à chaque fois dans l'équipe, on se demande qui est le responsable. Mais un fait est certain : il s'agit bien de bébés secoués (interview). Dans plus de la moitié des cas, malgré une enquête, on ignore, faute d'aveux ou de preuves, ce qui s'est réellement passé. Il y a 5 ans, Marius, alors âgé de 6 mois, a été hospitalisé plusieurs semaines : bébé secoué, mais par qui ? Aujourd'hui, sa maman Béatrice se souvient encore douloureusement de ce jour (interview). De cette histoire, elle n'arrive pas encore à tourner la page (interview). Secouer un bébé, ce n'est pas, la plupart du temps, une maltraitance voulue, mais un moment d'énervement, de fatigue extrême, où la personne qui a l'enfant en charge, comme le disent les médecins eux-mêmes, « pète les plombs ». Alors, le Pr Roussey, insiste sur la prévention, repérer, cette tension qui monte (interview). 20% des bébés secoués meurent de cette violence. Beaucoup d'autres garderont des séquelles, au niveau du développement psycho-moteur. _____Un dossier de Danielle Messager.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.